Le cancer du col de l’utérus est une maladie qui touche les femmes et qui altère progressivement la structure normale du col de l’utérus, provoquant une prolifération anormale des cellules. A ses débuts, il ne présente généralement aucun signe visible. Cependant, à un stade avancé, il se manifeste par des saignements anormaux, des odeurs désagréables au niveau des parties intimes, ainsi que des douleurs dans le bas-ventre ou dans le dos. Ce sont les propos de Dr Guillaume Ntawukuriryayo, médecin responsable de la province sanitaire de Butanyerera, lors d’un entretien accordé au journal « Le Renouveau du Burundi».

(Photo : Clovis Dusabe)
Selon Dr Guillaume Ntawukuriryayo, le cancer du col de l’utérus est une menace silencieuse pour la santé des femmes qui endommage l’organe et peut, à terme, se propager à d’autres parties du corps. Cette maladie, a-t-il souligné, est principalement causée par le Papillomavirus humain (HPV). Bien que les hommes ne développent pas cette forme de cancer, ils peuvent en être porteurs et transmettre ce virus lors des rapports sexuels. Un homme peut l’héberger pendant plusieurs années avant de le transmettre à ses partenaires sexuels.
Selon Dr Ntawukuriryayo, cette maladie ne présente pas de symptômes au stade précoce ce qui rend le dépistage essentiel. Lorsque la maladie évolue, ses signes incluent, notamment, des saignements anormaux, des mauvaises odeurs dans les parties intimes, des douleurs pendant les rapports sexuels, ainsi que des douleurs au bas-ventre ou au dos, parfois accompagnées d’un gonflement abdominal dans les cas avancés. D’après Dr Ntawukuriryayo, lorsqu’il est détecté tôt, ce cancer peut être traité efficacement, mais en revanche, à un stade avancé, sa prise en charge devient complexe et coûteuse, nécessitant des interventions chirurgicales (ablation de l’utérus), ainsi que des traitements comme la chimiothérapie et la radiothérapie.
Pour Dr.Ntawukuriryayo, le cancer du col de l’utérus figure parmi les maladies qui causent un nombre important de décès au Burundi. Dans la province de Butanyerera, a-t-il dit, plus de 80 décès ont été enregistrés en une seule année. Pour prévenir cette maladie, ce médecin insiste sur l’importance de l’éducation de base centrée sur la santé sexuelle pour les jeunes générations, notamment la lutte contre la multiplicité des partenaires sexuels, ainsi que la pratique régulière du dépistage pour les femmes, afin de détecter précocement les cas.
La vaccination, une mesure qui contribuera à atteindre les objectifs nationaux
Face à cette menace pour la santé publique, renchérit-il, le gouvernement du Burundi a mis en place plusieurs mesures visant à éradiquer cette maladie. Parmi celles-ci figure la vaccination des filles âgées de 9 à 14. Cette tranche d’âge, a-t-il expliqué, a été ciblée car, environ 95 % des filles de cette catégorie d’âge n’ont pas encore débuté leur vie sexuelle, ce qui permet de les protéger efficacement contre le virus avant toute exposition.
Il souligne que cette initiative contribuera dans l’atteinte de la Vision du Burundi pays émergent en 2040 et développé en 2060 car, elle permettra d’améliorer la santé des femmes, de renforcer la productivité nationale et de réduire les dépenses liées aux soins médicaux tout en contribuant ainsi dans le développement des ménages et du pays en général.
Clovis Dusabe
