Depuis son établissement en 1972, les relations de coopération et d’amitié entre la Türkiye et le Burundi s’améliorent d’une année à l’autre, via une coopération gagnant-gagnant. Satisfait des grandes réalisations et du pas franchi en matière de coopération, l’ambassadeur de la Türkiye au Burundi, Alp Isikli (A.I), dans une interview exclusive avec la rédaction du journal « Le Renouveau du Burundi » (L.R), a promis qu’avec la Vision 2040-2060, la Türkiye est disposée à marcher main dans la main et coopérer dans le but de porter ces relations de coopération au plus haut niveau.

L.R : Monsieur l’ambassadeur, quand est-ce que les relations entre le Burundi et la Türkiye ont été établies ?
A.I : Tout d’abord, je souhaite remercier vivement le gouvernement burundais, et ses autorités pour un accueil chaleureux et une étroite collaboration qu’elles ont manifestés envers moi et mon équipe durant mon mandat en tant qu’ambassadeur de mon pays ici à Bujumbura. Les relations diplomatiques entre le Burundi et la Türkiye datent des années 1972. Mais, au cours de ces années, les ambassadeurs accrédités à Bujumbura avaient comme résidences à Kinshassa, Kampala, etc. C’est à partir de l’année 2015 que le Burundi a ouvert son ambassade à Ankara, et en 2018 la Türkiye a fait de même à Bujumbura au Burundi.
L.R : Monsieur l’ambassadeur, les relations entre la Türkiye et le Burundi datent de longues années, quels sont les domaines clés de coopération ?
A.I : Depuis ce temps, les relations amicales et de coopérations entre les deux pays se sont bien développées et approfondies, dans divers domaines. Dans le domaine de la coopération commerciale, au cours de ces cinq dernières années, la balance commerciale s’est significativement développée et améliorée, passant de trois millions à quinze millions de dollars américains annuellement. Et il existe toujours un potentiel pour développer, davantage, les relations commerciales et économiques entre nos deux Nations. Sur le plan politique, déjà les deux pays n’ont aucun problème bilatéral. J’avoue que nous avons de bonnes relations de coopération et une étroite collaboration très efficaces tant au niveau bilatéral et international.
Je félicite aussi le chef de l’Etat burundais et président en exercice de l’Union africaine (UA), Evariste Ndayishimiye, ainsi que le peuple burundais pour leur réussite à assurer la présidence de l’UA, et d’autres organisations régionales comme le Comesa et la CEA, etc. Je salue aussi le progrès réalisé par le Burundi pour contribuer dans le maintien de la paix et la stabilité du continent africain et de la région, et aussi du développement économique et de la stabilité du pays. Il s’agit des points qui sont très précieux pour un pays au moment où il y’aura dans les jours à venir, la tenue du sommet Türkiye-Afrique, qui se tiendra à Ankara.
L.R : Monsieur l’ambassadeur, quelles sont les grandes réalisations enregistrées au cours de votre mandat ?
A.I : Depuis cinq ans, il y a eu beaucoup de visites d’Etats de haut niveau entre les autorités de nos deux pays. A cela, on peut citer la visite d’Etat du président burundais Evariste Ndayishimiye, en Türkiye dans le but de prendre part aux assises du forum multinational en avril 2026. En marge de cette activité diplomatique très importante, les deux chefs d’Etats se sont réunis dans une réunion tête- à -tête pour élaborer une feuille de route visant le renforcement des relations amicales et de coopération existante depuis de longues années entre les deux Nations. Les deux grandes personnalités ont également montré, de part et d’autre, leur volonté de coopération établie depuis 1972.
Je voudrais également affirmer que l’approche de la politique étrangère du Burundi est vraiment appréciée par les autorités turques, précisément en termes de sa contribution au renforcement de la paix et la stabilité, ainsi que de protection et promotion des droits humains à l’échelle internationale. Dans le cadre du renforcement de la coopération dans les domaines sociaux et sécuritaire, mon pays a mis en place des projets d’assistance aux sinistres victimes des inondations en zone Gatumba de l’ex commune Mutimbuzi dans la province de Bujumbura, ainsi que certains réfugiés congolais en exil au Burundi.
L.R : Monsieur l’ambassadeur, quelles sont les perspectives d’avenir envisagées pour renforcer la coopération entre nos deux Nations
A.I : En ce qui concerne les relations économiques et commerciales, il y a eu des progrès très significatifs depuis ces dernières années. A cela, le volume du commerce bilatéral a passé de trois à quinze millions de dollars américains annuellement. A mon avis, nous allons continuer à augmenter et doubler les efforts d’exploit dans le but d’atteindre un autre niveau pour l’agrandissement de nos relations sans oublier l’attraction de plus d’investisseurs turcs au Burundi dans des secteurs clés de développement durable.
Actuellement, il y a des compagnies turques qui souhaitent faire des investissements importants ici au Burundi, dans les domaines clés comme la logistique, le secteur minier et énergétique. Et jusqu’à maintenant, les pourparlers entre les parties concernées continuent, et vont bon train. J’espère que dans un avenir proche, de part et d’autre, il y aura des accords qui apporteront une contribution dans le développement économique du Burundi. Et d’autres accords ont été signés entre nos gouvernements, plus précisément dans les domaines économiques, du transport, politique, sécuritaire et éducation.
L.R Monsieur l’ambassadeur, quelles sont les appréciations et impressions qui vous ont plus marqué durant votre mandat ?
A.I : Durant mon mandat, il y a tant de bonnes choses que j’ai vécues et appréciées ici au Burundi. Quand le chef de l’Etat burundais m’a accepté en tant que nouvel ambassadeur de mon pays ici. C’est la chose que je ne pourrais jamais oublier. La première audience avec le chef de l’Etat burundais lors de ma présentation d’une lettre de créances, pour moi, c’est une journée inoubliable dans ma vie, car, c’était ma première nomination en tant qu’ambassadeur.
Il y a aussi ma première participation dans les grandes fêtes nationales du Burundi notamment la fête de l’Indépendance, soit à Gitega ou à Bujumbura, la visite des tambourinaires burundais à Gishora, un lieu touristique et historique de ce pays. Des tambours font partie de la composante de l’identité nationale du Burundi. Un autre moment inoubliable pour moi, ce sont les audiences avec les hautes autorités du pays, où nous avons eu l’occasion de discuter sur les sujets importants d’intérêts communs pour nos deux pays. Enfin, le climat burundais, sa nature et son paysage, ainsi que le lac Tanganyika sont des choses qui permettent une vie très agréable à tout un chacun. Le Burundi est la partie du continent africain qui possède une beauté naturelle ainsi qu’une richesse touristique hors du commun.
L.R : Quel message adressez-vous au peuple burundais ?
A.I : Je souhaite plein succès pour la vision nationale de l’émergence et du développement du Burundi 2040-2060. En ce sens, main dans la main, en tant qu’ambassadeur de mon pays, nous sommes disposés à marcher et coopérer dans le but d’apporter nos relations déjà amicales au plus haut niveau. Et mon pays et son peuple sont toujours prêts comme pour d’autres gouvernements et peuples amis africains, à contribuer dans le développement économique du Burundi, ainsi qu’à la préservation de sa stabilité sécuritaire et l’endurance de la paix nationale, régionale et internationale.
Je remercie finalement toutes les autorités burundaises pour un accueil chaleureux, leur assistance et coopération qu’elles ont manifestées envers mon équipe et en ma personne depuis notre arrivée au Burundi. C’est grâce à cela que nous avons pu réaliser de tels progrès significatifs dans la mise en œuvre de nos projets et programmes issus de notre coopération. Avec mon successeur, je promets de toujours plaider pour la continuité de notre coopération dans tous les domaines.
Avit Ndayiragije
