Prévenir toute insécurité alimentaire sévère dans les mois à venir
À Rutana, l’espoir d’une récolte abondante. Entre caprices du ciel et pénurie de fertilisants, les acteurs du monde rural tirent la sonnette d’alarme sur une production en chute libre de 20 %, menaçant la sécurité alimentaire des ménages. Cela ressort de l’entretien accordé au journal Le Renouveau du Burundi, le vendredi 23 janvier 2026 par l’agronome communal de Rutana, Jean Claude Ndayishimiye et certains agriculteurs de la même localité

Le constat est sans appel pour Jean Claude Ndayishimiye, agronome de la commune de Rutana. Le bilan de la saison culturale 2025A s’annonce des perspectives inquiétantes. Selon les récentes estimations techniques, la production globale devrait enregistrer une baisse de 20 %. Le maïs, culture de base dans la région, est particulièrement frappé par ce recul.
Selon lui, deux facteurs majeurs justifient ce sombre pronostic. « D’une part, le stress hydrique a durement frappé les exploitations. L’agronome explique qu’une irrégularité des pluies, survenue immédiatement après les semis, a prématurément freiné le développement des jeunes plants. D’autre part, le manque criant d’intrants a paralysé les efforts des producteurs. M. Ndayishimiye déplore spécifiquement la pénurie d’urée, un fertilisant pourtant vital lors de l’étape cruciale du sarclage pour garantir un rendement optimal. »
Ce cri d’alarme est relayé sur le terrain par Eric Niyibigira, agriculteur local, qui confirme une tendance à la baisse très marquée. Selon lui, la récolte actuelle sera nettement inférieure à celle de la saison précédente. Il ajoute que le soleil accablant et l’absence de semences sélectionnées sont venus allonger à la liste des obstacles, perturbant gravement le calendrier agricole traditionnel.
Le nœud du problème : l’indisponibilité des intrants
Pour Jeannette Bitangimana, également agricultrice, la racine du mal réside dans la logistique des intrants. Elle abonde dans le même sens que ses prédécesseurs en expliquant que le décalage entre le besoin en fertilisants organo-minéraux et leur disponibilité réelle constitue le nœud du problème. Ce déphasage, couplé au retard des précipitations, justifie selon elle cette mauvaise récolte attendue qui ne ressemblera en rien à l’abondance habituelle des années précédentes.
Face à cette menace de pénurie, les autorités agricoles ne restent pas silencieuses. Jean Claude Ndayishimiye lance un appel pressant aux agriculteurs et aux chefs de ménages pour une gestion rigoureuse des stocks actuels afin de prévenir toute insécurité alimentaire sévère dans les mois à venir.
Jean Marie Ndayisenga
