M.Ntahomvukiye affirme que le bilan positif du premier trimestre est un témoignage éloquent
Une synergie efficace pour la réussite scolaire
À l’Ecofo (École Fondamentale) Titi, située dans la Direction communale de l’Éducation de Bubanza, la lutte contre l’abandon scolaire prend une dimension communautaire. Entre l’instauration d’une cantine scolaire endogène et une mobilisation sans précédent des parents, l’établissement de la commune Bubanza transforme ses défis infrastructurels en un modèle de résilience pour garantir l’avenir des élèves. C’est un reportage du 22 janvier 2026.
L’introduction de la cantine scolaire endogène (CSE) à l’Ecofo Titi a radicalement transformé le quotidien des apprenants. Dans cette zone où la précarité peut vite éloigner les enfants des bancs de l’école, le fait de nourrir les élèves le matin et à midi est devenu le principal levier de rétention. Le bilan du premier trimestre est en dit plus : seuls deux abandons ont été signalés. « La cantine scolaire endogène contribue massivement à la réduction du taux d’abandon car, après les cours, les élèves mangent sur place. Beaucoup apprennent désormais se soucier de la faim, et nous constatons déjà une hausse du taux de réussite », souligne avec satisfaction M. Ntahomvukiye, responsable de l’établissement.
Cependant, nourrir les corps ne suffit pas ; il faut aussi protéger le cadre de vie. M.Ntahomvukiye affirme : « En pleine période pluviale, la direction de l’école et le comité de gestion ont dû improviser des travaux d’urgence. Des caniveaux ont été creusés pour protéger les murs fragiles des infiltrations, tandis que les charpentes ont été renforcées pour éviter tout drame. Pour pallier l’absence de dotations massives, l’école a acheté les manuels essentiels (guides de l’enseignant et manuels de l’élève), tout en recrutant un enseignant bénévole pour combler le manque de personnel et assurer l’avancement des pro grammes. »
Malgré cette volonté de fer, les défis matériels demeurent criants. « Cette école, construite lors des travaux communautaires effectués par les parents en 2006, manque presque de tout : portes, fenêtres et bancs-pupitres font défaut. Au Cycle 4 (7e, 8e et 9e année), la carence des livres et d’enseignants qualifiés en Anglais et Kiswahili reste un obstacle majeur.
Une synergie entre parents et administration
Le succès de l’Ecofo Titi repose sur une communication permanente entre tous les acteurs. Bigirimana Ferdinand, président du Comité de Gestion de l’école, insiste sur la responsabilité familiale : « Nous organisons régulièrement des réunions pour sensibiliser les parents sur leur rôle essentiel.
Certains maltraitent encore leurs enfants en leur imposant des travaux domestiques excessifs qui perturbent la révision des matières apprises. Une fois dénoncés, ces parents sont convoqués pour être conseillés sur les avantages d’un cursus académique complet. »
Cette rigueur est partagée par l’administration communale. Angelo Niyokwizera, chargé de l’éducation à Bubanza, affirme que des stratégies de redressement ont été adoptées pour les écoles dont le taux de réussite aux examens d’État stagne entre quarante et soixante pourcent. « Nous avons instauré un encadrement de proximité, incluant des études surveillées le matin et le soir. Nous luttons aussi fermement contre l’absentéisme des enseignants, car chaque heure perdue est un frein à la réussite de l’élève », précise-t-il. Il ajoute aussi que de telles réunions sont organisées à l’intention des parents afin qu’eux aussi puissent expliquer à leurs enfants les avantages de l’école.
Jean Marie Ndayisenga
