Entre avancées réelles et défis persistants
Au moment où le Burundi commémore le 16 juin 2026, la Journée de l’enfant africain édition 2026, le président de la Commission nationale indépendante de droit de l’Homme (CNIDH), Mgr Martin Blaise Nyaboho indique qu’il se réjouit des avancées perceptibles déjà réalisées et encourage le gouvernement à apporter des solutions urgentes et appropriées à certains défis persistants qui bloquent le bien être de l’enfant et sa protection spéciale. C’était lors de la conférence de presse qu’il a animé le mardi 16 juin 2026 par Mgr Nyaboho.

Selon Mgr Nyaboho toutes les actions accomplies par le gouvernement témoignent de la volonté politique du Burundi de garantir aux enfants la jouissance et l’exercice effectif de leurs droits, en commençant par la ratification de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, devenue partie intégrante de la Constitution du Burundi en vertu de son article 19.
Mgr Nyaboho indique également qu’actuellement, les cas d’infractions commises par les mineurs en conflit avec la loi sont traités avec célérité dans les différents cours et tribunaux du Burundi. Seulement, la lenteur observée parfois à la phase pré-juridictionnelle demeure un défi, alors que les mineurs en conflit avec la loi ne peuvent pas être détenus dans les mêmes conditions que les adultes. C’est ainsi que trois centres de rééducation des mineurs en conflit avec la loi ont été créés à Ngozi, Rumonge et à Ruyigi.
La CNIDH constate que des défis persistent en dépit de ces progrès dans le domaine de protection et de promotion des droits de l’enfant. Les obstacles à la pleine jouissance du droit à l’éducation sont notamment l’abandon scolaire dû aux grossesses non désirées, au phénomène des enfants de la rue qui ne cessent d’ augmenter, à la consommation de stupéfiants, à l’éloignement des écoles dans certaines régions, aux catastrophes naturelles occasionnant la fermeture des écoles, au ratio enseignant et élève plus élevé, à l’émigration, et au travail des enfants dans les ménages ou ailleurs.
Un autre facteur qui affecte la qualité de l’enseignement est l’insuffisance du corps enseignants en nombre et en qualification.
La CNDH recommande à l’État du Burundi, d’accroître l’allocation budgétaire pour une éducation de qualité, de multiplier les pôles d’excellence, de doubler l’effort pour la promotion de la formation des formateurs spécialisés en faveur des écoles inclusives, d’entreprendre un cadre légal pour rendre l’enseignement fondamental obligatoire.
Mgr Nyaboho exhorte le gouvernement, en de sa gratuité déjà acquise, à continuer à d’appliquer des mesures spécifiques pour assurer l’éducation des enfants en situation de vulnérabilité, d’entreprendre toutes les réformes nécessaires pour améliorer la qualité des curricula à tous les niveaux, de pourvoir autant que faire se peut au manque de personnel enseignant, et de à veiller au respect des engagements internationaux et régionaux en matière de protection et de promotion des droits de l’enfant. «La dignité de l’enfant burundais est notre dignité», a-t-il conclu
Fidèle Hatangimana
