Le Conseil national de la communication (CNC) a organise à Gitega, du 21 au 22 juillet 2026, un atelier d’échange et de renforcement des capacités à l’intention des responsables des médias. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue régulier instauré entre l’organe de régulation et les responsables des médias afin d’échanger sur les questions d’intérêt commun en vue de promouvoir une communication professionnelle, responsable et respectueuse de l’éthique journalistique.

Dans son discours d’ouverture, la présidente du CNC, Espérance Ndayizeye, a indiqué que cette rencontre revêt une importance capitale dans l’exercice des missions des professionnels des médias. Pour elle, le développement du numérique et de l’intelligence artificielle transforme profondément les modes de communication, de production et de diffusion de l’information, tout en créant de nouveaux défis liés à la désinformation, aux discours de haine, à la manipulation de l’opinion publique par les algorithmes ainsi qu’à la diffusion de contenus biaisés.
Face à ces mutations, le journaliste doit rester au-dessus de la mêlée en conciliant l’innovation technologique avec la protection des droits fondamentaux, tout en veillant à préserver un espace numérique sûr, inclusif et respectueux de la liberté d’expression. La présidente du CNC a rappelé que la responsabilité éditoriale ne constitue ni une contrainte administrative ni une forme de censure, mais plutôt un contrat de confiance entre les médias et les citoyens. Chaque information publiée, chaque image diffusée et chaque mot employé doivent être guidés par la recherche permanente de la vérité, l’exactitude des faits et la préservation de la cohésion sociale.
Au sujet de la désinformation, Mme Ndayizeye a insisté sur l’importance de la vérification des faits à l’heure où les réseaux sociaux favorisent la propagation rapide des rumeurs et de fausses informations. Elle a exhorté les responsables des médias à rejeter le sensationnalisme et à privilégier une information équilibrée, dont l’origine, la véracité et l’exactitude sont établies et vérifiées.
S’adressant particulièrement aux directeurs de publication et de diffusion, Mme Ndayizeye a souligné qu’ils ont le devoir d’être des guides, des mentors et des conseillers pour les journalistes placés sous leur responsabilité. Ils doivent veiller à ce que les médias servent exclusivement des informations de qualité et d’intérêt public, tout en évitant la diffusion de discours de haine, de contenus susceptibles de diviser la société, de porter atteinte à la vie privée ou de propager des accusations infondées.
Elle a, en outre, plaidé pour le renforcement de l’autorégulation entre pairs, estimant que la régulation ne doit intervenir qu’en dernier ressort. Selon elle, seul le respect des principes de rigueur, d’intégrité et de patriotisme permettra de bâtir un environnement médiatique sain, capable de protéger la population contre les contenus malveillants. La présidente du CNC a souhaité que cette rencontre et celles qui suivront constituent des cadres permanents d’échanges permettant aux professionnels des médias de partager leurs expériences, de débattre de manière constructive et de formuler des recommandations visant à renforcer le professionnalisme dans le respect des lois en vigueur.
Les travaux de l’atelier ont été enrichis par des communications sur différents thèmes dont la liberté éditoriale et de la responsabilité sociale des journalistes et sur l’environnement médiatique à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. Ces échanges permettront aux participants d’approfondir leur réflexion sur les défis actuels auxquels font face les médias burundais et sur les bonnes pratiques à adopter pour garantir une information crédible, équilibrée et professionnelle.
Amédée Habimana
