Sous le haut patronage du Vice-président de la République du Burundi, Prosper Bazombanza, le ministère de l’Education nationale et de la recherche scientifique a organisé à Bujumbura, du 2 au 4 juillet 2026, une deuxième conférence panafricaine de l’Union africaine sur l’éducation des filles et des femmes. Placée sous le thème: «Accorder la priorité à l’éducation des filles et des femmes, développer leurs compétences et accélérer les opportunités d’apprentissage et de formation», la rencontre a rassemblé des délégations venues de quarante pays d’Afrique.

M. Bazombanza a indiqué que l’éducation est l’une des plus puissantes armes pour la transformation sociale et économique du pays. Elle ouvre les portes du savoir, de la dignité, de l’autonomie. Elle permet aux citoyens, particulièrement aux filles et aux femmes, de devenir des acteurs incontournables du changement au sein de la famille, de la communauté et de la nation toute entière. « En investissant dans l’éducation d’une fille, nous investissons dans plusieurs générations», a-t-il dit
Education, arme de transformation sociale et économique
François Havyarimana, ministre de l’Education nationale et de la recherche scientifique a rappelé que cette conférence panafricaine fait suite au Forum de haut niveau sur l’éducation des filles et des femmes tenu à Bujumbura du 3 au 5 décembre 2024 sous le haut patronage de la Première dame du Burundi. Il a souligné qu’à travers cette conférence, le gouvernement du Burundi réaffirme son engagement à poursuivre les réformes visant à renforcer l’équité, l’inclusion et la qualité de l’éducation de tous les enfants et en particulier par toutes les filles et femmes.
« Nous sommes convaincus que l’investissement dans l’éducation des filles et des femmes constitue l’un des moyens les plus efficaces et les plus sûrs pour bâtir une société prospère, pacifique et résiliente», a-t-il déclaré
M. Havyarimana a ensuite dressé un état des lieux de la scolarisation des filles au Burundi. Au préscolaire, les différences observées entre les filles et les garçons sont globalement très faibles dans toutes les provinces du pays, ce qui témoigne d’un accès relativement équitable à ce niveau de formation. Concrètement, au préscolaire, l’annuaire statistique montre que les filles représentent 50,45%. A l’enseignement fondamental, de la 1ère à la 9e année : la neuvième année, la parité entre garçons et filles est garantie et quelques fois même, les filles tendent à dominer. Il a précisé que les filles représentent 51,48%. Au niveau national, le taux d’achèvement du primaire chez les filles est de 57%, tandis que le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire chez les filles est de 33,8%. Globalement, les filles affichent un taux d’achèvement supérieur à celui des garçons. A l’enseignement post fondamental, c’est-à-dire après la neuvième année, la tendance commence à s’inverser progressivement et le grand fossé est observé à l’enseignement supérieur en défaveur des filles et des femmes. A l’enseignement supérieur, le taux d’inscription des filles avoisine 25% au niveau du cycle de baccalauréat.
Pour Mme violet Kenyana Kakyomya, coordinatrice résidente du Système des Nations unies au Burundi, l’éducation des filles et des femmes doit être placée au cœur de l’agenda de développement africain. « L’Afrique ne pourra pleinement réaliser son potentiel que si les filles et les femmes disposent les mêmes chances d’apprendre, de réussir et de contribuer au développement de leurs sociétés. L’éducation des filles et des femmes est à la fois un droit fondamental et un puissant moteur de transformation», a-t-elle ajouté
Fidèle Hatangimana
