Bien plus qu’un lieu d’apprentissage, l’école joue un rôle essentiel dans la protection des enfants. Cette protection ne repose pas uniquement sur des lois, elle commence chaque matin dans les salles de classe, où un regard attentif, une parole rassurante ou une intervention rapide peuvent transformer le destin d’un enfant. Cela ressort d’un entretien du directeur de l’école fondamentale kirombwe, patrick Irakoze et Evelyne Ndayishimiye, enseignante à l’école de Kanyosha avec « Le Renouveau du Burundi» le 29 juin 2026 ».

Selon M. Irakoze, les enseignants sont souvent les premiers à remarquer les signes de maltraitance, de négligence ou d’abandon. Les absences répétées, la baisse des résultats scolaires, les changements de comportement ou encore les blessures inexpliquées peuvent révéler des situations préoccupantes. Grâce à leur proximité quotidienne avec les élèves, ils jouent un rôle déterminant dans l’identification des enfants en danger et dans leur orientation vers les services compétents, dit-il.
M. Irakoze signale que la protection des enfants ne repose pas uniquement sur des lois ou des politiques publiques. Elle prend source chaque jour, dans les salles de classe, où les enseignants sont souvent les premiers à remarquer les signes de détresse, de maltraitance ou de négligence. Un regard attentif, une parole rassurante, une écoute bienveillante ou une intervention rapide, peuvent changer le destin d’un enfant en lui offrant le soutien dont il a besoin.
L’école permet aux élèves de grandir dans la confiance
En créant un environnement sûr, inclusif et bienveillant, l’école permet aux élèves de grandir dans la confiance, de développer leur potentiel et d’envisager leur avenir avec sérénité. Elle constitue ainsi un espace privilégié de prévention, d’accompagnement et de protection des droits de l’enfant.
L’école constitue également un rempart contre le travail des enfants, les mariages précoces et les grossesses en milieu scolaire. Dans certaines familles touchées par la pauvreté, des enfants abandonnent l’école pour contribuer aux revenus du ménage ou accomplir des travaux domestiques mais en maintenant ces enfants sur les bancs de l’école, ça contribue à leur offrir de meilleures perspectives d’avenir.
« Les programmes scolaires intègrent de plus en plus des activités consacrées aux droits de l’enfant, à la citoyenneté, à l’égalité entre les filles et les garçons, à la lutte contre les discriminations, ainsi qu’à la résolution pacifique des conflits. Ces programmes permettent également aux élèves d’apprendre à vivre ensemble, à reconnaître leurs droits, mais aussi ceux des autres. » explique-t-il

Mme Ndayishimiye affirme que l’éducation aux droits de l’enfant occupe également une place importante. Dit-elle, à travers les cours et les clubs scolaires, les élèves découvrent les valeurs de respect, de solidarité, d’égalité entre les filles et les garçons. Ces apprentissages contribuent à prévenir les violences scolaires, les discriminations et le harcèlement.
Protéger les générations présentes et futures
Elle souligne ainsi que les parents demeurent les premiers responsables de l’éducation et de la protection de leurs enfants. Lorsque la communication entre la famille et l’école est régulière et constructive, il devient plus facile d’identifier rapidement les problèmes et de rechercher ensemble des solutions adaptées.
Mme Ndayishimiye informe que l’école remplit une mission qui dépasse largement la transmission des savoirs car, elle protège les générations présentes et prépare une société plus juste, plus solidaire et plus respectueuse des droits humains.
« L’école est souvent perçue comme le lieu où les enfants acquièrent des connaissances et préparent leur avenir professionnel. Pourtant, sa mission dépasse largement l’enseignement des mathématiques, des sciences ou des langues. Chaque jour, elle constitue un espace de sécurité, d’écoute et d’accompagnement où les enfants trouvent des adultes capables de les soutenir, de les orienter et parfois même de les sauver de situations de danger ». dit-elle.
Elle revient aussi sur les effets liés à l’abandon scolaire. L’abandon expose les enfants à la délinquance, ce qui compromet, non seulement l’avenir de l’enfant, mais aussi celui de sa famille, de sa communauté et du pays. Mme Ndayishimiye recommande tous les parents à inscrire les enfants à l’école pour les protéger et les préparer en faveur de leur avenir.
La cantine scolaire est aussi un moyen efficace de protéger les enfants.
De son côté, M. Irakoze voit que la cantine est aussi un moyen efficace de protéger les enfants car, dit-il, elle contribue à améliorer leur état de santé, leur concentration et leurs capacités d’apprentissage. La cantine scolaire représente également un soutien important pour les familles en situation de précarité, qui peinent parfois à assurer une alimentation suffisante à leurs enfants.
M. Irakoze informe que les cantines scolaires ont permis de lutter efficacement contre l’absentéisme et les abandons scolaires, particulièrement chez les enfants issus de ménages vulnérables. En effet, la garantie d’un repas à l’école encourage les parents à envoyer régulièrement leurs enfants en classe et motive ces derniers à poursuivre leur scolarité. Ainsi, la cantine scolaire favorise, non seulement la réussite éducative, mais aussi la protection et le bien-être des enfants.
Cassilde Nzirubusa, mère de cinq enfants, témoigne que l’école constitue une protection. « L’école est un lieu où mon enfant apprend, non seulement à lire et à écrire, mais aussi à connaître ses droits et ses devoirs. Les enseignants nous alertent lorsqu’ils remarquent un changement de comportement. Cela nous aide à intervenir rapidement lorsqu’il y a un problème. Je considère l’école comme un véritable partenaire dans la protection de mon enfant.
« Depuis que mon enfant fréquente l’école, il est plus confiant et sait qu’il peut parler à ses enseignants lorsqu’il rencontre des difficultés. Les réunions organisées par l’école permettent aux parents de mieux comprendre leur rôle dans l’éducation et la protection des enfants. Ensemble, nous veillons à ce que les enfants grandissent dans un environnement sûr, aussi bien à la maison qu’à l’école », annonce-t-elle
Anne Bella Irakoze
