Malgré les efforts engagés en faveur de l’inclusion sociale, de nombreuses personnes en situation de handicap continuent de se heurter à des obstacles lorsqu’elles souhaitent accéder aux services administratifs. Escaliers dépourvus de rampes d’accès, absence d’ascenseurs, sanitaires non aménagés, portes trop étroites ou encore manque de signalisation adaptée : plusieurs bâtiments publics restent peu accessibles à cette catégorie de la population à mobilité réduite. Selon les témoignages recueillis ce 5 juin 2026, cette situation limite leur autonomie et complique leur quotidien.

Pour les personnes à mobilité réduite, effectuer une simple démarche administrative peut rapidement devenir une case tête. Certaines sont contraintes de solliciter l’aide d’autrui pour franchir des escaliers ou atteindre des bureaux situés à l’étage.
Jean Niyonzima, qui se déplace en fauteuil roulant, affirme que plusieurs bâtiments administratifs ne répondent pas à ses besoins. « Il m’arrive de renoncer à certaines démarches parce que l’accès est difficile. Dans certains bureaux, il faut être porté pour monter les escaliers. Cela donne l’impression que nous ne sommes pas pris en compte », explique-t-il.
Les difficultés ne concernent pas uniquement les personnes à mobilité réduite. Les personnes malvoyantes ou non-voyantes rencontrent également de nombreux obstacles liés à l’absence d’aménagements adaptés. Le manque de repères tactiles, de panneaux en braille ou de systèmes d’orientation complique leurs déplacements à l’intérieur des bâtiments.
Pour Candide Ndikuriyo, malvoyante, l’accompagnement d’un proche est souvent indispensable.« orsque je dois me rendre dans une administration, je ne sais pas toujours où me diriger. Il n’y a presque pas d’indications adaptées à notre situation. Cela nous rend dépendants des autres », déplore-t-elle.
Les personnes vivant avec un handicap auditif font également face à des difficultés de communication. Cyriaque Ndayambaje, ancien fonctionnaire, constate que dans plusieurs services, il n’existe ni interprète en langue des signes ni personnel formé pour faciliter les échanges. « Parfois, il est difficile de comprendre les informations ou d’expliquer correctement. Cela peut entraîner des malentendus et ralentir les démarches », souligne-t-il.
Au-delà des difficultés individuelles, ces obstacles soulèvent la question de l’égalité d’accès aux services publics. Les personnes concernées estiment que l’adaptation des infrastructures administratives est une nécessité pour garantir l’inclusion de tous les citoyens, sans distinction.
Eric Tuyishemeze (Stagiaire)
