Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR (Commission vérité et réconciliation) à procédé, le mardi 16 juin 2026 au palais des Congrès de Kigobe, à la présentation du rapport définitif sur le génocide contre les Hutu du Burundi les deux chambres du Parlement réunis en congrès. Ce rapport a été suivi par une déclaration adoptée par le Sénat et l’Assemblée National. Il a précisé que la CVR veut établir la vérité, afin de reconnaître les faits du génocide et rendre justice aux victimes. Il a affirmé qu’il y a des Burundais qui ont déjà décidé de restituer ce dont ils s’étaient approprié.

Pierre Claver Ndayicariye a insisté sur le fait que la CVR a pour objectif d’établir la vérité, afin de reconnaître les faits concernant les victimes du génocide, d’indiquer la vérité sur les exactions et de rendre justice aux personnes qui ont été blessées et à celles qui ont été ciblées. « La vérité est appelée à apparaître au grand jour, afin que nous puissions tous accomplir de bonnes actions pour libérer le pays», a-t-il déclaré. Il a affirmé qu’il y a des personnes qui se sont répenties et ont décidé de rendre ce dont elles s’étaient appropriées.

M. Ndayicariye a confirmé qu’il y a déjà ceux qui ont franchi l’étape de l’arrangement à l’amiable en acceptant de restituer des maisons ou des parcelles à leurs détenteurs et d’autres qui ont accepté de payer de l’argent au profit des familles victimes. Il a ensuite précisé que la CVR a lancé des enquêtes concernant les problèmes liés aux terres et aux autres biens dans toutes les provinces du pays, et qu’elle a déjà informé les autorités concernées des premières décisions prises à propos de ces litiges. «Le travail n’est pas facile et est souvent ralenti par des témoignages mensongers, de faux témoins, des documents frauduleux et par des Burundais qui craignent de témoigner la vérité.», a-t-il indiqué.
Les meurtres et les violences ont profondément marqué les cœurs
M. Ndayicariye a informé également que la CVR veut aussi rappeler à tous les Burundais que le chagrin provoqué par les meurtres et les violences ont profondément marqué de nombreux cœurs. C’est pour cette raison que la vérité doit être établie et connue en premier lieu, afin que les cœurs des Burundais puissent être soignés. Il a affirmé que les enquêtes de la CVR montrent que la période des faits s’étendait de 1885 jusqu’en 1972. Il a précisé que les investigations de la CVR ont révélé que ceux qui ont organisé le meurtre en 1972 ont poursuivi les massacres jusqu’en 1976 et a aussi précisé que les personnes qui ont été tuées, étaient d’abord attribuées par les autorités de l’époque des appellations visant à les déshumaniser ce que les experts appellent «animalisation de la personne humaine » ou « chosification de l’être humain ».
Enfin, M. Ndayicariye a rappelé que, dans toutes les circonstances, les personnes qui commettent des atrocités essaient de cacher la vérité en imposant une autre vérité alternative, mais qu’au Burundi, il existait deux enseignants français dont Jean-Pierre Chrétien, qui ont mené des recherches au Burundi car, ils disposaient de partenaires importants au sein des institutions, et ceux-ci les auraient aidé à faire sortir un livre intitulé « Burundi 1972 au bord des génocides », lequel livre montre que les Hutus étaient arrêtés pendant la journée et tués pendant la nuit.
Etienne Nduwimana
