Dans un contexte où les citoyens attendent des prestations plus rapides, plus transparentes et de meilleure qualité, l’administration publique multiplie les initiatives pour moderniser son fonctionnement. L’évaluation des performances des agents publics, numérisation des procédures, réforme de recrutement ou encore la mise en œuvre d’une politique salariale figurent parmi les principales stratégies engagées. Pour de nombreux citoyens, ces réformes sont indispensables afin de rendre l’administration plus performante et plus proche des usagers.

Pour Janvière Nininahazwe, rencontrée près d’un bâtiment public au centre-ville, les améliorations sont devenues une nécessité. «Nous souhaitons être servis dans des délais raisonnables et recevoir les mêmes informations, quel que soit le guichet où nous nous présentons. Un bon accueil, des procédures claires et moins de tracasseries administratives renforcent la confiance des citoyens envers les institutions publiques », explique-t-elle.
Selon elle, la digitalisation des services permettrait de limiter les déplacements inutiles et de simplifier les démarches administratives, notamment pour les personnes vivant loin des centres administratifs. « Cela rapprocherait les services publics des usagers », souligne-t-elle.
Ancien fonctionnaire, Nestor Ndayegamiye estime que les réformes engagées peuvent produire des résultats durables à condition qu’elles soient accompagnées d’efforts constants. Selon lui, des formations adaptées sont indispensables pour renforcer les compétences des agents publics. Il ajoute que les recrutements devraient davantage reposer sur les compétences des candidats. « Chacun doit accomplir sa mission avec responsabilité afin de répondre efficacement aux attentes de la population », insiste-t-il.
Le ministère met l’accent sur la modernisation
De son côté, Obede Niyonkuru, responsable de l’Action, de la communication et de l’information ainsi que porte-parole du ministère du Travail, de la fonction publique et de la sécurité sociale, indique que plusieurs réformes sont actuellement mises en œuvre pour améliorer la performance des services publics et renforcer l’efficacité de l’administration.
Selon lui, le ministère déploie un vaste programme de réforme administrative centré sur l’évaluation des performances des agents publics. Cette approche vise à instaurer une culture de résultats et à améliorer la qualité des services rendus aux citoyens. Il précise également que la classification des emplois dans l’administration publique burundaise permet de mieux organiser les postes et de valoriser les compétences de chaque agent.
M. Niyonkuru souligne par ailleurs que les institutions publiques travaillent désormais sur base d’un Plan de travail et budgétisé annuel (PTBA), un outil qui facilite la planification des activités, le suivi des objectifs et une utilisation plus rationnelle des ressources publiques. A cela s’ajoutent l’interconnexion progressive de plusieurs services administratifs ainsi que l’opérationnalisation des Guichets uniques de prestation (GUP), qui contribuent à simplifier les démarches administratives et à rapprocher les services des citoyens.
Le porte-parole ajoute qu’une politique salariale est progressivement mise en œuvre afin d’améliorer les conditions de travail des agents publics. Il rappelle également que les recrutements dans la fonction publique sont désormais encadrés par une commission nationale de recrutement, dans le souci de garantir la transparence, l’équité et le respect des principes d’éthique.
S’agissant des défis, M. Niyonkuru reconnaît que plusieurs contraintes persistent. La gestion encore largement manuelle des archives ralentit le traitement de certains dossiers, tandis que la numérisation de plusieurs services reste inachevée. Il évoque également l’insuffisance des outils de travail, le manque de ressources financières pour favoriser les échanges d’expériences ainsi que les disparités qui subsistent dans la politique salariale et les avantages accordés à certains secteurs. Selon lui, ces écarts peuvent affecter la motivation de certains fonctionnaires.
Enfin, le porte-parole souligne que l’élaboration des cahiers des charges pour chaque poste constitue une avancée importante. Cette démarche permet de mieux définir les responsabilités de chaque agent, d’éviter à terme les effectifs pléthoriques et de renforcer une gestion des ressources humaines fondée sur les résultats et la performance.
Eric Tuyishemeze
