Le président de la République, Evariste Ndayishimiye, a rencontré, au stade Ingoma de Gitega, les responsables des différentes confessions religieuses œuvrant au Burundi, le mercredi 3 juin 2026 Placée sous le thème traduisible en « Le rôle des leaders religieux dans l’atteinte de la vision du Burundi », cette rencontre a été l’occasion d’échanges sur la contribution des communautés religieuses à la réalisation de la Vision du Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.

Dans son intervention, M. Ndayishimiye a souligné que les leaders religieux constituent des acteurs incontournables dans la transformation sociale et économique du pays. Selon lui, les messages véhiculés dans les lieux de culte ont une influence considérable sur les comportements des citoyens et peuvent contribuer efficacement à l’émergence d’une nouvelle mentalité axée sur le travail, la responsabilité et l’autonomie.
Avant de développer sa vision, il a invité les responsables religieux à faire remonter les préoccupations exprimées par leurs fidèles. Parmi les défis évoqués figurent notamment l’insuffisance des engrais agricoles disponibles à temps ainsi que la pénurie de carburant, facteurs qui contribuent à la hausse des prix sur le marché.
En réponse, M. Ndayishimiye a appelé les leaders religieux à accompagner davantage les citoyens dans un changement profond de mentalité. Il a insisté sur la nécessité de passer d’une culture de plaintes et d’attentisme à une culture de production et de création de richesses. Selon lui, le développement ne peut être assuré ni par l’Etat seul, ni par les partenaires extérieurs, mais avant tout par des citoyens conscients de leurs responsabilités et déterminés à valoriser les ressources dont dispose le pays. Il a ainsi exhorté les responsables religieux à sensibiliser leurs fidèles sur l’importance du travail productif, de l’épargne, de l’entrepreneuriat et de la mise en valeur des terres cultivables. Il leur a également demandé d’encourager les ménages à diversifier leurs sources de revenus, à se regrouper dans des coopératives performantes et à privilégier les activités génératrices de revenus, plutôt que de dépendre continuellement de l’assistance extérieure.
Le président Ndayishimiye a particulièrement insisté sur la rupture avec le comportement de simple suiveur. Pour lui, chaque citoyen doit devenir un acteur du développement, capable d’identifier des opportunités, de prendre des initiatives et de contribuer à l’augmentation de la production nationale. Il a indiqué que les leaders religieux peuvent jouer un rôle déterminant en inculquant aux fidèles les valeurs de discipline, d’intégrité, de solidarité, de patriotisme et de responsabilité individuelle, qui constituent les fondements d’un développement durable.

Mobilisation en faveur des enfants en situation de rue
Au cours de cette rencontre, M. Ndayishimiye a également lancé un appel à la solidarité nationale en faveur des enfants en situation de rue. Il a indiqué que le Burundi compte environ deux mille enfants sans domicile fixe et a plaidé pour la construction d’un centre moderne de formation professionnelle doté d’infrastructures d’hébergement, afin de leur offrir un avenir meilleur.
Pour concrétiser ce projet, il a proposé une contribution volontaire des fidèles à travers les différentes communautés religieuses. Selon lui, une mobilisation régulière des croyants permettrait, dans quelques années, de réunir les moyens nécessaires pour lancer les travaux de construction de ce centre d’encadrement et de formation. Les responsables religieux ont salué cette initiative qu’ils ont qualifiée d’œuvre de charité et de développement humain. Ils ont exprimé leur disponibilité à contribuer à sa mise en œuvre et ont demandé l’ouverture d’un compte destiné à recevoir les contributions des fidèles.
Amédée Habimana
