
Philippe Nduwayo souligne un constat lucide : la production agricole ne suffit plus à répondre aux besoins alimentaires de la population (Photo: Jean Marie Ndayisenga)
Lors d’un entretien accordé au journal “Le Renouveau du Burundi” le lundi 13 avril 2026, Philippe Nduwayo, conseiller chargé des affaires économiques, ainsi que plusieurs habitants de la commune de Cankuzo, ont dressé un état des lieux de la situation socio-économique locale. Entre pragmatisme administratif et optimisme citoyen, cette localité s’aligne sur les ambitions nationales de développement à l’horizon 2040-2060.
L’économie de Cankuzo repose sur diverses activités notamment: l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et exploitation des carrières. Evaluant ces activités, Philippe Nduwayo fait son constat Selon lui la production agricole ne suffit plus à répondre aux besoins alimentaires de la population. En cause, une « trilogie critique » mêlant infertilité des sols, manque de fumure organique et le chef tel réduit. À cela s’ajoutent l’insuffisance des semences sélectionnées et l’impact direct du changement climatique.
Face à ces blocages, l’administration communale multiplie les leviers d’action. « L’accent est mis sur l’utilisation des engrais, la promotion du petit élevage et la distribution des semences améliorées », précise M.Nduwayo Sur le volet social, le défi reste immense. La commune doit composer avec un manque criant d’équipements dans le secteur de la santé malgré la présence de centres de santé et d’un hôpital de district. L’accès à l’eau potable reste limité et à l’assainissement est victime de cette situation.
Vers une dynamique collective et résiliente
Pour renverser la vapeur, la commune Cankuzo s’appuie sur son (Plan communal de développement communautaire) (PCDC). L’objectif est de coordonner les partenaires pour sortir d’un habitat précaire et stimuler la croissance. Cette stratégie semble porter ses fruits au sein de la population.
Abraham Ndikumana, résident local, reconnait quant à lui, les difficultés auxquelles la population fait face il estime que la situation va en s’améliorant petit à petit satisfaisante, saluant un « réveil des consciences » qui pousse les habitants vers l’entrepreneuriat productif et l’augmentation des recettes communales.
Cette mutation passe par le modèle coopératif, véritable pilier de la Vision 2040-2060. Berchmans Nderagakura, un autre citoyen engagé, souligne que « chaque citoyen est un acteur du développement ». Selon lui, le travail en coopérative permet non seulement de partager les expériences et d’augmenter la production, mais aussi de contribuer activement à l’économie nationale. En mobilisant les ressources et en changeant les mentalités, l’administration de Cankuzo tente de transformer ses contraintes structurelles en un véritable levier de croissance durable.
Jean Marie Ndayisenga
