En commune Gishubi, comme l’a constaté Le Renouveau du Burundi, la campagne agricole en cours se déroule sans moins de difficultés pour les agriculteurs. Entre le manque de fertilisants au moment opportun et des pluies tardives et insuffisantes, dans les premiers jours, les producteurs s’inquiètent d’une baisse sensible des récoltes, notamment du maïs et de la pomme de terre, principales cultures de la région.

Bien que sur différentes collines, s’observent une verdure laissant espérer une récolte abondante pour la saison culturale A, les agriculteurs exposent certaines difficultés. Et l’administration parle de la résilience.
Dans la zone Mahonda, le constat est amer. Rencontré dans son champ de maïs dans le marais en train de récolter pour la saison C, Marie Rose Ntunzwenayo, agricultrice depuis plus de quinze ans, pointe du doigt le retard dans la disponibilité des engrais.
«Nous avons bien semé à temps, mais au moment du sarclage, le fertilisant Bagara l’urée censée accélérer la croissance du maïs et de la pomme de terre, n’était pas disponible. Sans cet apport, les cultures peinent à se développer comme prévu», déplore-t-elle.
Selon Ntunzwenayo Marie Rose, plusieurs agriculteurs de la zone se sont retrouvés dans la même situation, contraints de poursuivre la saison sans intrants adéquats, avec le risque de rendements en nette diminution.
Sur la colline Ntita, c’est plutôt le ciel qui inquiète. Madeleine Hakizimana, une autre agricultrice observe ses champs avec appréhension.
« Les pluies ont commencé tardivement et, jusqu’ici, les plantations ne sont pas suffisamment au stade avancé si l’on compare aux années antérieures à la même période. Les sols ont dans les premiers moments manqué d’humidité. Les récoltes et la saison prochaine seront affectées», explique-t-elle soulignant que certaines cultures risquent de tarder le début de la saison B.
Face à ces défis conjugués, l’administration communale dit multiplier les initiatives pour accompagner la population. L’administrateur communal de Gishubi, Appolinaire Baryana affirme que des réunions de sensibilisation sont régulièrement organisées sur toutes les collines.
«Nous échangeons avec la population sur la résilience face aux changements climatiques. La plantation d’arbres est fortement encouragée, afin de conserver l’humidité des sols et de protéger l’environnement local», indique-t-il. Il précise que l’administration travaille également avec les services techniques pour améliorer l’anticipation dans la distribution des intrants agricoles.
En attendant les solutions durables, les agriculteurs de Gishubi continuent de composer avec ces contraintes, se félicitant d’un redressement des pluies tout en espérant une meilleure organisation des intrants lors des prochaines saisons. Pour beaucoup, l’issue de la campagne en cours n’est pas du tout mauvaise quand bien même elle dépendra autant de la nature que des réponses concrètes apportées à leurs préoccupations.
Amédée Habimana
