Les habitants se plaignent des pertes énormes subies
Des coupures répétitives d’électricité s’observent dans la capitale économique, Bujumbura. Cette situation paralyse différentes activités que ce soit pour les bureaux où les services tournent au ralenti. Les petits métiers sont aussi durement touchés. Les ménages sont aussi frappés par ce manque d’électricité. En plus de paralyser l’essentiel de l’activité commerciale concentrée dans la ville de Bujumbura, cette crise touche la vie quotidienne des citadins. Pour cela, les habitants demandent à la Regideso d’y apporter une solution pour ne plus subir des pertes énormes. # Ivyo twatohoje.

« Les coupures sont devenues plus fréquentes, et nous subissons des interruptions qui durent plusieurs heures au cours d’une même journée. On nous avait dit qu’avec l’ouverture de nouveaux barrages déjà construits, il n’y aurait plus de coupure de courant, mais ce n’est pas le cas. On peut passer une journée sans électricité, et si elle revient, elle ne dure que 10 à 20 minutes seulement. Cela perturbe nos activités quotidiennes. Nous demandons à la Regideso de tout faire pour rétablir le courant électrique dans nos quartiers », se plaignent certains habitants du nord de la capitale économique.
Les personnes dont les activités dépendent de l’électricité sont également affectées par ces coupures répétitives de courant électrique. C’est le cas d’un vendeur de lait devenu impropre à la consommation dans une cafétéria qui se trouve dans la désolation totale car il est obligé de le déverser « J’ai versé 60 litres de lait avarié car nous avons passé toute une journée sans électricité dans notre quartier, et ce qui m’a fait perdre plus de 300 000 FBu. Actuellement, j’ai cessé de m’approvisionner en lait en attendant que la situation se normalise ».
Une question difficile à comprendre
Du côté de l’Abuco (Association burundaise des consommateurs), Noel Nkurunziza, son secrétaire général, a précisé que c’est une réalité qui est sur le terrain avec ces coupures répétitives d’électricité, anormale durant ces derniers mois. « Auparavant, cette situation s’observait durant la saison sèche et on nous informait que cela était dû à la diminution du niveau de l’eau dans les barrages. Actuellement, la situation est la même si que la Regideso nous rassure qu’il y a eu une augmentation de la production énergétique avec les nouveaux barrages construits de Rusumo Falls, Jiji-Murembwe, et bien d’autres », a-t-il déploré.
« Au niveau de l’Abuco, nous pensons qu’il existe d’autres causes car avec ces barrages nouvellement construits, la situation ne serait pas la même avec les anciens barrages de Rwegura et Nyemanga. Il s’agit d’une question difficile à comprendre, c’est ainsi que la Regideso devrait nous fournir plus d’explications pour lever toute équivoque chez la population citadine », a ajouté Noel Nkurunziza.
Chercher des partenaires privés, une des voies de sortie
D’après M.Nkurunziza, la Regideso devrait donner une information fiable sur le fonctionnement de tous ces barrages. Egalement, avec les problèmes auxquels la Regideso fait face, elle a le droit de chercher des partenaires privés œuvrant dans ce secteur pour accroître la production énergétique. L’autre voie de sortie à envisager ce sont des machines qui peuvent fonctionner en cas de coupure du courant. Aussi, la Regideso devrait signer des accords de coopération avec d’autres pays dans le but d’avoir une quantité suffisante de courant électrique qui va permettre d’atteindre la Vision nationale.
Noel Nkurunziza pense que le gouvernement devrait encourager les opérateurs économiques privés à investir dans ce secteur. L’utilisation de l’énergie solaire en cas de coupure du courant électrique devrait être promus. « Dans la situation actuelle, l’électricité c’est la vie. Son usage est inconfortable dans différents domaines de la vie du pays (la santé, le commerce, l’industrie, l’administration, …). Quand la production de l’électricité est insuffisante, l’économie du pays tourne au ralenti, et les conséquences sont énormes. La production agricole diminue et les familles en souffrent énormément. Bref, s’il y a ces coupures répétitives d’électricité, tous les secteurs de la vie du pays sont touchés », a conclu M.Nkurunziza.

La Regideso est à l’œuvre pour rétablir la situation
Face à cette situation, Jean Albert Manigomba, directeur général de la Regideso (Régie de production et de distribution d’eau potable et d’électricité), a indiqué que la production énergétique que cette institution doit distribuer n’est pas en quantité suffisante étant donné que la population utilise normalement 116 mégawatts. La puissance installée est à peu près 180 mégawatts. « Normalement, nous avions une réserve mais avec le changement climatique, nous sommes à moins de 70 mégawatts. Ainsi, nous avons subi une perte ; et notre réseau électrique est vétuste. Mais, nous sommes à l’œuvre pour rétablir la situation ».
Les centrales hydroélectriques de Kabu 16, Jiji-Murembwe, Ruzibazi ont été construites mais ne fournissent pas de quantité d’énergie qu’il faut à cause de l’insuffisance d’eau. Pour cela, nous devons plutôt comprendre ce changement climatique qui arrive subitement, a souligné M.Manigomba.
Yvette Irambona
