A l’ère du numérique, l’internet est devenu un outil indispensable pour l’éducation, l’emploi et la communication. Pourtant, pour de nombreuses personnes vivant avec handicap au Burundi, son utilisation reste semée d’obstacles, limitant leur pleine participation à la société. Cela ressort d’ une interview accordée au journal « Le Renouveau du Burundi » par nos interlocuteurs. « Malgré les progrès technologiques, l’accès à l’internet demeure difficile pour une partie de la population. Les personnes en situation de handicap font face à des défis spécifiques, notamment le coût élevé des équipements adaptés et la faible accessibilité aux infrastructures numériques » explique Gorethe Nsabimana, étudiante à l’Université du Burundi.
« L’internet pourrait être un véritable levier pour notre réussite académique. Mais, plusieurs plateformes ne sont pas adaptées aux personnes ayant des déficiences visuelles ou auditives. Cela rend l’apprentissage plus compliqué».
Goreth Nsabimana signale que les technologies d’assistance, telles que les lecteurs d’écran ou logiciels de reconnaissance vocale, restent peu accessibles ou trop coûteuses pour la majorité d’utilisateurs concernés. En outre, de nombreux sites web ne respectent pas les normes internationales d’accessibilité. « Parfois, même lorsque nous avons accès à l’internet, certains contenus ne sont pas lisibles ou compréhensibles pour nous. Il y a un manque de sensibilisation des développeurs sur ces questions ».
Prendre en compte la spécificité
Au-delà des obstacles techniques, la fracture numérique s’explique également par un manque de formations. Les personnes vivant avec handicap n’ont pas toujours accès aux formations adaptées pour maîtriser l’outil numérique.
Pour Daniel Nshimirimana, un journaliste, la question de l’inclusion numérique est encore peu prise en compte dans les politiques publiques. Il ajoute qu’il ne suffit pas de fournir l’accès à l’internet, il faut aussi garantir son utilisation effective par tous, y compris les personnes handicapées ».
Pour améliorer la situation, plusieurs actions peuvent être envisagées, il s’agit, entre autres, promouvoir la conception de sites web accessibles à tous, réduire le coût d’équipements et logiciels adaptés, mettre en place des formations inclusives, sensibiliser les décideurs et acteurs du numérique à l’importance de leur accessibilité.
« L’inclusion numérique doit être une priorité nationale. C’est une question d’égalité des chances et de respect des droits humains »
L’accès à Internet pour les personnes vivant avec handicap ne doit plus être considéré comme un luxe, mais comme un droit fondamental. En levant les barrières existantes, le Burundi pourrait permettre à des milliers de citoyens de participer pleinement à la vie.
Anicet Mbonifasha (Stagiaire)
