L’urine des lapins constitue un fertilisant organique naturel très puissant et, capable d’améliorer sensiblement les rendements agricoles. Tels sont les propos d’un cuniculteur Juvénal Ndacayisaba, membre de la coopérative «Urunani rw’aborozi», «Une synergie d’éleveurs» située à Kinama dans la province de Bujumbura, lors d’un entretien accordé au journal le Renouveau du Burundi.

M. Ndacayisaba indique qu’il pratique l’élevage des lapins pendant trois ans. Ayant débuté avec deux lapins seulement, il en possède aujourd’hui une centaine, après avoir constaté l’importance de leur urine dans la croissance des cultures. Il signale que l’urine des lapins joue un rôle déterminant dans le développement des plantes et contribue à l’obtention de bonnes récoltes. S’exprimant sur le mode d’utilisation, il a précisé que l’urine des lapins doit être diluée avant son application. La proportion recommandée est d’un litre d’urine pour dix à vingt litres d’eau. Une fois diluée, elle agit comme un répulsif contre les insectes nuisibles, améliore la structure du sol et enrichit ce dernier en nutriments essentiels. Affirme-t-il
Il précise également que cette urine stimule la croissance des feuilles, favorise le développement des racines et améliore la production des fruits. Comparée à d’autres fertilisants organiques, l’urine des lapins est considérée comme plus efficace et permet de réduire la dépendance aux engrais chimiques et aux pesticides. Toutefois, il met en garde contre un usage inapproprié. Il recommande d’éviter l’application directe sur les végétaux afin de ne pas brûler les racines. À titre d’exemple, lors du sarclage du maïs, il conseille de creuser un petit sillon près de la plante pour y verser un gobelet dudit fertilisant dilué.
M. Ndacayisaba a pris cette occasion pour encourager les autres à limiter le recours aux engrais de synthèse au profit de cette alternative naturelle, afin de favoriser une agriculture durable et d’obtenir des produits biologiques sains pour les consommateurs.
D’après Diane Ndikumana, une autre agri-éleveur témoigne que l’élevage des lapins est bénéfique. Dit-elle, « depuis que je m’intègre dans l’élevage des lapins, j’ai vu une amélioration de mes revenus. Les lapins se reproduisent vite et demande peu d’espace. Aujourd’hui je vends les lapins, et leur fumier est devenu un fertilisant irremplaçable. Je le vends, l’utilise dans mes champs et vois le changement dès le début de son utilisation. Les légumes ainsi que les plantes cultivés disposent des bonnes feuilles grâce à ce fertilisant organique naturel» souligne Mme Ndikumana.
Anne Bella Irakoze
