Le ministère des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et de la coopération au développement a récemment organisé en commune Nyanza un atelier de sensibilisation sur la migration de la main-d’œuvre, sous le thème: «La migration régulière de la main-d’œuvre, vecteur de développement socio-économique». Le secrétaire permanent dudit ministère, Séverin Mbarubukeye, a fait savoir que la migration burundaise joue un rôle crucial dans l’accroissement de l’économie nationale et le changement social.

M. Mbarubukeye a indiqué que, sur base de l’article 104 du Traité instituant la Communauté est-africaine (CEA), les Etats membres ont adopté des mesures permettant la libre circulation des personnes pour la recherche et l’exercice d’un emploi, à condition d’être en possession de documents de voyage reconnus. « Personne n’ignore l’importance de la migration légale au sein de la CEA. Quand un Burundais migre vers le Kenya, par exemple, il y va pour acquérir de l’expérience et trouver un emploi. À son retour au pays natal, il entreprend des projets qui peuvent permettre d’embaucher d’autres jeunes, de créer de l’emploi et d’accroître la production en favorisant le transfert de compétences », a-t-il expliqué. Il a toutefois déploré les difficultés rencontrées par les migrants qui partent sans documents délivrés par le Commissariat général des migrations. Il a invité tout un chacun à sensibiliser toute personne désireuse de migrer à se munir des documents exigés par la CEA et passer par les postes frontaliers officiellement reconnus, car nul n’est censé ignorer la loi.
Représentant le Commissariat général des migrations, le Major de police Claudine Ndayisenga a rappelé que l’article 102 du Traité de la CEA permet à tout citoyen de circuler et travailler librement dans les Etats membres et d’y être accueilli en toute sécurité à condition qu’elle remplisse les conditions requises.
Elle a précisé que, de juillet à septembre 2026, cent quarante neuf migrants burundais ont été refoulés pour migration irrégulière, faute de documents préalables. « Le Burundi étant membre de la CEA, tout citoyen a droit à une migration légale. Migrer illégalement crée des situations socio-économiques difficiles qui, affectent les familles d’origine jusqu’à l’économie nationale », a-t-elle souligné, s’étonnant du nombre élevé de jeunes qui traversent les frontières sans documents.
Des sanctions prévues par la loi
Selon l’article 129 du Traité, toute personne qui aide une autre à migrer illégalement, entrer ou séjourner dans un pays sans autorisation régulière est passible d’une amende de 50 000 à 100 000 FBu ou d’une peine d’emprisonnement de six mois à un an. Mme Ndayisenga a également évoqué les motivations qui poussent à la migration : certains jeunes partent parce que leurs pairs sont partis, d’autres sont victimes d’escroquerie, avec de fausses promesses d’emploi à l’étranger.
Représentant le ministère de la Fonction publique, Liliane Irakoze a précisé que le permis de travail, délivré par ce ministère, permet l’échange d’expériences professionnelles et garantit le transfert des cotisations de pension vers le pays d’origine à l’âge de la retraite. Ce document précise le poste que le migrant occupera dans le pays d’accueil.
Les intervenants ont unanimement souligné que la migration dans la légalité présente plus d’avantages pour la famille et le pays d’origine. Ils ont à cet effet invité les médias, représentants des confessions religieuses, administratifs à la base jusqu’aux chefs de dix ménages à travailler en synergie pour qu’aucun jeune burundais ne franchisse la frontière sans autorisation.
Jean Claude Mpawenimana
