
Sous la présidence du président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, les sénateurs se sont réunis le jeudi 23 avril 2026 au Palais des congrès de Gitega, en séance plénière, pour analyser et adopter le projet de loi portant modification de la loi °1/08 du 23 avril 2012 portant organisation du secteur semencier végétal. La ministre de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage, Calinie Mbarushimana, était l’envoyée du gouvernement pour exposer les motifs de ce projet de loi.
Dans son exposé, Mme Calinie Mbarushimana a indiqué que ce projet de loi constitue une avancée majeure visant à permettre au secteur des semences, de relever efficacement ses défis et de promouvoir une agriculture durable et inclusive. Elle a précisé que cette réforme s’inscrit dans le cadre des principes du développement durable adoptés par le Burundi.
Elle a également souligné que cette nouvelle loi vise à aligner le secteur semencier sur les objectifs nationaux de développement à long terme, en mettant en place une vision claire pour garantir l’accès à des semences sélectionnées, disponibles en temps opportun et de qualité améliorée.
Promotion de l’innovation et du cadre légal
Le projet de loi prévoit, en outre, le renforcement du cadre réglementaire et l’appui à l’innovation, afin de surmonter les défis liés à la qualité insuffisante des semences et à leur disponibilité. Il introduit des mécanismes solides pour soutenir la production semencière ainsi que la recherche scientifique, notamment en matière d’innovation et d’amélioration variétale.
Selon toujours Mme Mbarushimana, ce nouveau texte met l’accent sur la promotion du secteur privé, reconnu comme un acteur clé dans le développement du marché des semences. Il vise par ailleurs à encourager la production et la conservation des semences améliorées et des semences locales, tout en développant le commerce semencier et en luttant contre la fraude.
Le projet de loi s’inspire aussi des normes internationales et régionales en matière de réglementation semencière. Globalement, cette réforme se veut une réponse durable aux défis persistants dans le secteur des semences au Burundi. Après l’exposé des motifs, les sénateurs ont soulevé plusieurs préoccupations auxquelles la ministre a apporté des éclaircissements.
Concernant la disparition progressive de certaines cultures locales, Mme Mbarushimana a rassuré que des espèces comme les colocases, les patates douces, les ignames, le manioc, les petit pois et l’arachide ne sont pas négligées. Elle a indiqué que l’Isabu (Institut des sciences agronomiques du Burundi) poursuit leur conservation et leur multiplication. L’objectif est de promouvoir leur culture à l’échelle nationale en raison de leur forte valeur nutritive.
S’agissant de l’importation des semences de maïs, notamment la variété Paner 53, elle a reconnu l’engouement des agriculteurs pour les semences étrangères. Toutefois, elle a précisé que des semences locales performantes sont également produites par l’Isabu, avec des rendements comparables, voire supérieurs. Elle a ainsi appelé les autorités administratives à sensibiliser la population à l’utilisation des semences produites localement.
Après l’avoir analysé en fond et en forme, les sénateurs ont adopté à l’unanimité la nouvelle loi portant organisation du secteur semencier végétal.
Eric Sabumukama
