Malgré un démarrage tardif de la saison culturale A, marqué par les changements climatiques et des difficultés d’approvisionnement en intrants, les projections de récolte pour le maïs restent optimistes dans la commune, contrairement à celles du haricot dont le rendement est s’annonce en forte baisse.

La saison culturale A a connu un début difficile, une situation directement imputée aux changements climatiques par les techniciens et les agriculteurs.
Face à ces défis météorologiques, des actions de sensibilisation sont menées sur le terrain. Sylvestre Ndayishimiye, chargé de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage en commune Bubanza explique que les techniciens tiennent «les séances de sensibilisation des agro-éleveurs sur l’utilisation des variétés résistantes à la sécheresse, et aussi sur les bienfaits des engrais organiques et verts».
Pénurie d’intrants et calendrier perturbé
Un autre facteur critique ayant impacté la saison est le manque d’intrants agricoles, notamment des engrais organo-minéraux et les semences sélectionnées. M. Ndayishimiye souligne les difficultés rencontrées, citant le retard dans la distribution, le stock insuffisant dans presque toutes les zones de la commune, en particulier pour le maïs hybride. Il ajoute un problème dans le processus de distribution des faibles quantités disponibles, obligeant à faire un choix en faveur des zones les plus vulnérables.
Ce retard dans la fourniture des fertilisants organo-minéraux a également été mentionné par David Bigirimana comme une raison du démarrage tardif de la saison. En conséquence, M. Ndayishimiye estime : «Si les facteurs climatiques et la disponibilité des intrants ne s’alignent pas sur le calendrier normal, le rendement baisse. Il prévient qu’il y aura aussi retard pour la saison culturale B».
Maïs optimiste, haricot en chutte
M. Ndayishimiye souligne que la production du maïs sera bonne dans toutes les zones de la commune.
«En revanche, les perspectives pour le haricot sont sombres. La récolte attendue du haricot est maigre par rapport à la saison précédente», souligne Ndayishimiye.
David Bigirimana, chargé de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage dans la zone Musigati, confirme que le haricot ne sera pas bonne dans sa zone. Un agriculteur de la zone Muyebe, Berchimas Bukuru, ajoute que la chute de la récolte du haricot est aussi due à ce que cette culture a connu une maladie au cours de cette saison.
En général, malgré la pluie tombée en quantité suffisante pour permettre aux champs de maïs de se développer, M.Bigirimana espère avoir une récolte inférieure à celle des saisons précédentes dans la zone Musigati. Berchimas Bukuru résume la situation en affirmant que la récolte ne sera pas bonne car, il a plu avec un retard, ce qui a provoqué un changement du calendrier cultural ainsi que du changement climatique. Tous les interlocuteurs convergents sur une conclusion générale : la production globale s’annonce faible par rapport aux années passées.
Jean Marie Ndayisenga
