Le chef de l’Etat burundais et président en exercice de l’Union africaine, Evariste Ndayishimiye, est arrivé, le lundi 23 mars 2026, à l’aéroport international Melchior Ndadaye, en provenance de Bogotá, en République de Colombie. Il s’y était rendu pour participer au Forum de haut niveau de la Celac (Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes) et l’Afrique. Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques majeures, notamment l’énergie, la lutte contre la famine, la souveraineté alimentaire, ainsi que la réparation historique et la justice ethnoraciale. L’objectif affiché est de transformer les anciennes routes de l’esclavage transatlantique en opportunités et complémentarités économiques.

Sébastien Ntahongendera, porte-parole adjoint du président de la république du Burundi, a rappelé que le Celac est une organisation régionale qui regroupe les pays de l’Amérique latine et des caraïbe avec la mission de promouvoir l’intégration de ces pays dans le monde. «Cette région a été la destination des millions de personnes en provenance de l’Afrique qui partaient là-bas, non pas pour une émigration normale, mais pour devenir des esclaves », a-t-il souligné. Il indique que pendant ledit Forum, les participants ont traité des thèmes variés, entre autres, l’énergie, la lutte contre la famine, la souveraineté alimentaire ainsi que la réparation historique et la justice ethnoraciale. Il signale que les participants ont exprimé le souhait que les peuples africains et latino-caribéens dépassent les blessures du passé et s’organisent dans le cadre de la coopération Sud-Sud pour faire face à l’injustice et à l’hégémonie exercée par certaines puissances sur le plan international.
M. Ntahongendera a précisé que le président Ndayishimiye a insisté sur la nécessité pour les peuples d’Afrique et de l’Amérique latine et des Caraïbes de transformer la mémoire douloureuse de l’histoire en opportunités économiques et en complémentarités. «Il a rappelé que ces peuples devraient transformer leurs douleurs en quelque chose de plus positif, c’est-à-dire en quelque chose qui est de nature à construire ce que l’histoire a détruit », a-t-il martelé.
Le partenariat stratégique est à renforcer
M. Ntahongendera renchérit arguant que ce voyage a également offert au président Ndayishimiye l’occasion de rencontrer plusieurs personnalités, notamment les présidents de la Colombie, du Brésil et de l’Uruguay, ainsi que l’envoyé spécial de l’Union africaine pour la Guinée-Bissau. Lors de sa rencontre avec le président colombien, les deux chefs d’Etat ont convenu d’organiser un sommet réunissant l’Union africaine et la Celac, tout en renforçant les relations bilatérales. M. Ntahongendera révèle que le président brésilien a, pour sa part, souligné la nécessité pour l’Afrique de se développer de manière globale, plutôt que par fragments, en lançant des projets stratégiques dans les domaines des infrastructures et de l’industrie, financés par des bailleurs de fonds internationaux. Le président burundais a exprimé son regret que l’Afrique ait trop longtemps attendu l’aide extérieure au lieu de promouvoir des partenariats internes capables de renforcer son autonomie et sa performance.
M. Ntahongendera fait savoir que le président uruguayen, Yamandou Orsi, a soutenu l’importance d’un sommet Afrique-Celac et la création d’une commission mixte chargée d’identifier les priorités de coopération gagnant-gagnant entre les pays des deux régions. Le président Ndayishimiye a également rencontré l’envoyé spécial de l’Union africaine pour la Guinée-Bissau, et se sont entretenus sur la conduite du processus de transition en cours.
Etienne Nduwimana
