« Le pays a besoin de se libérer de ses événements historiques, les personnes blessées par le passé ont besoin de guérison. Il est nécessaire de parvenir à une vérité libératrice capable de réconcilier les citoyens ». Ce sont des propos tenus par Pierre-Claver Ndayicariye, président de la CVR (Commission vérité et Réconciliation), le jeudi du 28 janvier 2026, à l’occasion de la clôture de l’atelier de deux jours consacré aux échanges sur le processus de vérité, la réconciliation et le pardon qui se déroulait au chef-lieu de la province de Butanyerera.

Ces activités ont été principalement marquées par des témoignages sur les événements du passé, au cours desquels plusieurs victimes affirment avoir entamé le processus de pardon et de réconciliation envers ceux qui leur avaient causé du tort. L’atelier a également servi aux représentants de différentes institutions de saluer les progrès réalisés par la CVR, tout en l’exhortant à étendre ses structures jusqu’au niveau communal et collinaire afin de donner la parole à tous les citoyens détenteurs de la vérité sur le passé.
Dans son allocution de clôture, Pierre-Claver Ndayicariye a souligné qu’il est encore nécessaire pour de nombreux Burundais de témoigner afin de se libérer intérieurement et de sortir de l’obscurité ainsi que des blessures accumulées au fil des années et parvenir à une vérité capable de réparer et de réconcilier. Il a remercié ceux qui ont déjà franchi le pas du pardon et de la réconciliation, tout en lançant un appel aux auteurs des crimes du passé de demander pardon et de s’engager dans un véritable processus de réparation et de réconciliation.
Il a par ailleurs invité les participants à ces échanges à sensibiliser leurs communautés, afin que d’autres personnes ayant vécu des tragédies similaires comprennent les bienfaits d’exprimer la vérité, source de paix et de sécurité. Soulignant que la paix durable au Burundi passera par la réconciliation des familles. Il appelle ces dernières à inculquer à leurs descendances les valeurs de paix et d’amour entre concitoyens.
La paix et le réconciliation constituent le socle du développement
Pierre Claver Ndayicariye a également exhorté les institutions étatiques à soutenir les activités de la CVR, afin qu’elle puisse mener à bien ses enquêtes sur le passé et offrir un espace d’expression aux victimes. Il a dénoncé les divisions ayant marqué l’histoire du pays, attribuant ces dernières à l’ignorance, à la manipulation et au manque d’amour entre les citoyens, rappelant qu’« aucun pays ne peut exister en étant dominé par un seul groupe social ». Il a à cet effet appelé les Burundais à renforcer la culture du respect mutuel et de l’amour, fondée sur le respect des droits humains.
Le président de la CVR a enfin encouragé les Burundais à s’unir dans la recherche de la vérité, trouver ensemble des solutions durables et parvenir à une réconciliation sincère, soulignant que la paix et la réconciliation constituent le socle du développement. Il a invité les victimes du passé à continuer à vivre et à aider les autres à survivre.
Les intervenants dont la deuxième Vice-présidente de l’Assemblée nationale, un délégué de la présidence de la République, ainsi que d’autres autorités ont tous insisté sur le fait que le pardon est l’unique voie vers l’unité nationale, appelant la CVR à jouer pleinement son rôle de réconciliation, dans l’impartialité et dans l’esprit de l’amour entre les Burundais. Ils ont également plaidé pour le renforcement des moyens alloués à la CVR et l’extension de ses activités jusqu’au niveau des collines, afin que chaque citoyen puisse s’exprimer sur les faits du passé.
Clovis Dusabe
