La province de Butanyerera a pris la culture d’avocatier comme une filière stratégique capable de contribuer au développement des ménages et à l’augmentation des recettes en devises pour le pays. Cette province a pris une mesure interdisant une récolte et une exportation illicites des avocats de la variété Hass, chouquette et fuerté. En date du 15 février 2026, les autorités provinciales ont publié un communiqué suspendant, pour une durée d’un mois, la récolte et la vente hors de la province et l’exportation des produits de la récolte de cette culture.

Selon le communiqué signé par le gouverneur de la province, Victor Segasago, cette décision fait suite aux nombreuses irrégularités observées dans cette filière. Il a notamment cité la pratique des avances financières versées aux producteurs, l’achat des fruits encore sur pied avant leur maturité ainsi que la récolte prématurée, entraînant une baisse significative des rendements.
Ces pratiques, précise le document, fragilisent les agriculteurs qui en tirent peu de bénéfices, provoquent des pénuries et une flambée des prix sur le marché.
Ainsi, du 14 février au 15 mars 2026, il est strictement interdit de récolter, de transporter ou de faire sortir des limites de la province de Butanyerera les avocats des variétés concernées. Dans le but d’assurer un meilleur suivi de la filière, le communiqué laisse entendre qu’une commission composée de membres de la communauté sera mise en place pour superviser la récolte. Dans cet optique, les commerçants ayant déjà versé des avances ne seront pas autorisés à réclamer le remboursement.
Le gouverneur Victor Segasago précise par ailleurs, qu’à l’issue de la suspension, tout acheteur devra se munir d’une autorisation délivrée par une association ou société agréée pour l’achat des avocats, ainsi que d’un permis émanant de l’administration provinciale. Ces documents devraient être présentés aux autorités locales avant toute récolte. Il appelle les responsables administratifs à tous les niveaux, à veiller au strict respect de ces mesures et à combattre toute pratique susceptible de compromettre le développement de la filière.
Du côté des commerçants et des consommateurs des avocats du marché central de Ngozi, interrogés par le journal «Le Renouveau du Burundi », ils saluent globalement cette décision. Ils estiment qu’elle permettra d’accroître la production, de stabiliser et voire de réduire les prix sur le marché. Ils plaident, toutefois, pour un engagement accru de l’Etat dans le développement de la culture de l’avocat, tout en invitant les investisseurs privés à injecter des capitaux dans la production et la transformation locale soulignant que cela permettra de structurer la filière, d’augmenter des exportations et par conséquent la croissance des recettes en devises pour le Burundi.
Clovis Dusabe
