Le cinéma peut contribuer à l’autonomisation financière, en créant des emplois, développant des compétences professionnelles et en générant des revenus tout au long d’une chaîne de métiers : réalisation, scénario, production, montage, prise de son, éclairage, interprétation, distribution et communication, entre autres. Un cinéaste joue un rôle important dans la promotion de l’image du pays en passant par la valorisation de la culture à travers ses langues, traditions, sa musique, ses danses, son paysage, son patrimoine matériel et immatériel, mais aussi à travers ses modes de vie et valeurs. Cela ressort d’un entretien du mercredi 4 novembre 2026 avec Nadège Butoyi, une cinéaste.

« Lorsqu’un film est produit, il fait travailler plusieurs personnes et mobilise différentes compétences. Le développement d’une véritable industrie cinématographique pourrait donc offrir des opportunités économiques aux jeunes, femmes et à de nombreux professionnels créatifs. «J’ai réalisé plusieurs courts métrages dont Moisson d’avenir, Rapiéçage, Au-delà des reflets et Le Masque. Ce dernier vient d’être sélectionné en compétition officielle au festival Africlap à Toulouse en France et sera projeté sur grand écran le 12 novembre 2026.C’est son premier festival » indique Mme Butoyi en affirmant qu’un cinéaste peut jouer un rôle important dans la promotion de l’image du pays comme va le faire son œuvre à Toulouse.
Elle fait également savoir qu’elle est en train de développer son premier long métrage : « Boucles d’identité ». Elle définit le cinéma comme un moyen de raconter les histoires du Burundi, préserver sa mémoire collective et faire entendre sa voix au-delà de ses frontières.
Inspirée par le désir de raconter des histoires, la jeune cinéaste s’est lancée dans ce domaine en 2021 et reste convaincue qu’au Burundi, il y a beaucoup de récits à raconter, d’histoires à partager, des réalités à documenter et des imaginaires à faire découvrir à la scène internationale.
Un cinéma au centre du dialogue avec le monde
Selon Mme Butoyi, un film qui aborde une difficulté sociale avec sensibilité peut aussi contribuer à apporter plus de visibilité au pays et créer un dialogue avec le reste du monde. « La participation aux festivals internationaux, la diffusion sur les plateformes et les collaborations avec des professionnels étrangers permettent à nos œuvres de circuler et faire découvrir le Burundi à de nouveaux publics. Un film burundais projeté dans un festival international peut susciter la curiosité, déconstruire certains préjugés et donner envie au public de découvrir le Burundi, sa culture et ses habitants », déclare-t-elle en précisant qu’un cinéaste peut produire un contenu qui permet de créer des liens entre les peuples, même lorsqu’ils ne partagent ni la même langue ni la même histoire.
Elle a terminé ses propos en interpellant les institutions de prise de décisions à mettre à la disposition des artistes en général, et des cinéastes en particulier, tout le nécessaire notamment un fonds national de soutien au cinéma, à la formation, l’équipement, la production et la postproduction. Un mécanisme de soutien à la mobilité internationale pour permettre aux cinéastes de participer aux festivals, marchés du film, résidences d’écriture et laboratoires de coproduction qui puissent contribuer à la promotion de l’image du Burundi.
Olivier Nishirimbere
