Face à la persistance de l’épidémie de choléra qui menace la santé publique, l’Emubu (église méthodiste unie du Burundi), en collaboration avec le ministère de la santé publique et avec l’appui technique de GBGM/UMCOR (Global ministries health operations manager), a lancé le mercredi 18 février 2026 à Bujumbura, un atelier intensif de renforcement des capacités. Cette initiative vise à doter le personnel du Centre national de référence d’outils cliniques et préventifs de pointe pour une riposte plus efficace sur le terrain.

L’urgence sanitaire impose une riposte coordonnée et une expertise technique sans faille. C’est le message central délivré par Ladislas Niyiragira, secrétaire exécutif au bureau de l’évêque de l’Emubu, lors de l’ouverture de cet atelier de deux jours. Rappelant que le choléra est une maladie diarrhéique aiguë causée par la bactérie Vibrio cholerae. Il a souligné que ce fléau, bien que médical, est intrinsèquement lié au manque d’infrastructures d’assainissement et d’accès à l’eau potable. Pour lui, la mission de l’église ne peut se limiter au spirituel : elle doit s’inscrire dans une transformation holistique de la communauté.
« L’église méthodiste unie ne peut rester indifférente. Nous souhaitons apporter notre pierre à l’édifice pour protéger la santé et le bien-être de tous les Burundais », a-t-il déclaré. Ce soutien ne se limite pas à la théorie : il s’accompagne d’une dotation importante en médicaments essentiels et équipements médicaux pour appuyer les efforts du gouvernement à la CPLR (clinique Prince Louis Rwagasore).
Un arsenal technique pour le personnel soignant
Au cours de cette session de formation, M.Niyiragira a souligné que l’accent est mis sur l’optimisation des compétences des agents de santé. Les modules dispensés durant ces deux jours, couvrent l’intégralité de la chaîne de prise en charge : de la détection précoce des symptômes à la notification rapide des cas suspects, jusqu’à la gestion rigoureuse des stocks d’intrants médicaux.
M. Niyiragira a insisté sur l’importance d’une prise en charge clinique efficace, marquée par une réhydratation rapide des patients pour contrer la létalité de cette bactérie.
Les participants seront également formés aux mesures de biosécurité les plus strictes. M. Niyiragira rappelle que l’application rigoureuse des protocoles de prévention et de contrôle des infections (PCI) est essentielle pour protéger non seulement les patients, mais aussi le personnel médical exposé. En outre, un volet crucial sur la sensibilisation communautaire est intégré, afin que les soignants deviennent des vecteurs d’information pour limiter la propagation de la maladie dans les foyers précaires.
Une synergie pour réduire drastiquement la mortalité
De son côté, Philbert Sendegeya, médecin directeur par intérim de la CPLR (clinique Prince Louis Rwagasore), a salué avec gratitude cet engagement de l’Emubu. Selon lui, le contexte épidémiologique actuel au Burundi illustre la nécessité d’une mobilisation collective. Il a affirmé que cet appui, tant financier que matériel, permet au centre de traitement des épidémies de fonctionner à plein régime.
Pour M. Sendegeya : « Le monde entier est confronté, ces dernières décennies, à des crises sanitaires majeures telles que la Covid-19,la variole du singe ou encore la maladie à virus Ebola ».
L’objectif ultime de cet atelier est d’informer sur les directives nationales tout en clarifiant les responsabilités de chacun au sein de la chaîne de soins. « En renforçant la coordination interne et la communication, le pays se dote d’un bouclier plus solide contre les urgences de santé publique », indique-t-il. Ce partenariat historique, qui a déjà permis la création d’hôpitaux de Kayero et Murore, s’inscrit dans une vision à long terme avec la construction en cours de nouveaux centres de santé à Ngozi et Murehe, ainsi qu’une école paramédicale pour assurer la relève.
Jean Marie Ndayisenga
