
Alexandre Muyenge constitue un élément très important dans le développement du football burundais (Photo Olivier Nishirimbere)
Homme humble et simple malgré son grade de général de brigade de police, Alexandre Muyenge, ce policier au cœur généreux sourit à tout le monde et parle avec n’importe qui. Marié et père de 6 enfants dont 4 filles et 2 garçons, Muyenge est admiré surtout dans le monde footballistique burundais. Il a joué pour son école primaire jusqu’au secondaire. Ses frères étaient aussi amateurs du football parce que chacun d’entre eux ayant joué aussi soit pour son l’école soit pour sa commune. Commandant du Camp municipal dans le service Appui à la protection des institutions (Api) depuis 20 ans, un de ses collègues témoigne sur le dévouement au travail et la bonne collaboration de Muyenge.
Né d’une famille de 7 enfants à Kibongera, en province de Muyinga au nord du pays le 8 juillet 1970, Alexandre Muyenge a été orphelin de père quand il avait seulement 2 ans à cause de la crise qui a secoué le Burundi en 1972. Sa mère a été obligée de fuir le pays vers la Tanzanie avec ses enfants où ils ont passé 9 ans avant de regagner le pays en 1981. Muyenge commença alors ses études primaires à Muyinga et continua jusqu’en seconde Lettres Modernes avant de retourner en Tanzanie à la suite de la crise de 1993, crise qui a emporté la vie du président Melchior Ndadaye. Il décida de rejoindre le Conseil national pour la Défense de la démocratie (CNDD) avant de regagner encore une fois le bercail après la signature de l’Accord d’Arusha.
Dès son retour et dans un premier temps, Muyenge a travaillé à la Pafe (Police de l’air, des frontières et des étrangers) en tant que commissaire chargé de la logistique, avant d’être promu au poste qu’il occupe jusqu’aujourd’hui à l’Api. Afin de témoigner son respect envers son père qu’il n’a pas malheureusement connu, l’actuel président de la Fédération de football du Burundi (FFB) a informé qu’il s’appelle Muyenge à 33 ans de sa naissance. « Quand on allait signer le cessez-le-feu, j’ai croisé un vieux à Kigoma en Tanzanie qui m’a longtemps regardé. Il m’a demandé si je n’avais pas de relations avec la famille Muyenge de Muyinga et j’ai dit oui. C’est à ce moment-là qu’il m’a informé qu’avant de mourir, mon père avait demandé que son fils cadet prenne son nom, d’où le nom de Muyenge. Sinon, à la naissance, je m’appelais Alexandre Manirakiza. D’où l’origine du sobriquet Manalex qu’on lui colle aujourd’hui. C’est donc en 2003 que j’ai suivi les procédures pour changer de nom auprès des institutions habilitées».
Amateur du ballon rond depuis son jeune âge, Muyenge aimait suivre les émissions sportives qui étaient animées à la radio nationale par le célèbre journaliste, Tharcisse Tungabose. Il avait acheté un poste de radio qui lui permettait de suivre facilement toutes les émissions même pendant l’étude. Il n’oubliera jamais la finale qu’ils ont jouée contre le Lycée islamique dans le cadre de la finale du championnat interscolaire où ils ont encaissé 3 buts à 0 dans les premières 15 minutes de jeu.
Passionné du football, Muyenge a été membre de la commission chargée de la sécurité au sein de la FFB à l’époque de Lydia Nsekera, présidente de ladite fédération, avant d’être nommé président de ladite commission en 2008 juste avec la première olympiade de Réverien Ndikuriyo jusqu’au 5 décembre 2021, date de son élection à la tête de la fédération.
Il ne manque pas d’ambitions
Très ambitieux, Alexandre Muyenge veut porter le football burundais le plus loin possible. Il s’engage à renforcer la compétition nationale et les équipes nationales de football en organisant des compétitions régionales dans le cadre du projet de détection de jeunes talents dans les catégories des moins de 15 ans, de moins des 17 ans et des moins de 20 ans, pour constituer des équipes nationales solides dans toutes ces catégories. Il croît toujours aux surprises qui existent dans le football, son espoir étant de voir l’équipe nationale des seniors se qualifier pour la deuxième fois à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (Can 2023) qui va se dérouler en Côte d’Ivoire. L’espoir est fondé sur le résultat du match entre les Hirondelles du Burundi et l’équipe de la Namibie lors des éliminatoires où le Burundi s’est imposé sur un score de 3 buts à 2. Les Hirondelles doivent faire mieux face au Cameroun.
Une de ses nombreuses ambitions est de ne plus voir les équipes nationales burundaises éliminées au premier tour dans les compétitions internationales que ce soit pour les garçons ou pour les filles. Son amour du sport lui donne un look d’un jeune de trente ans.
Considéré comme un homme de conseil, M.Muyenge crée toujours un climat d’entente entre les membres de son comité exécutif, raison qui fait qu’il marie facilement la Fédération de football du Burundi et son travail quotidien. Une fois dans un cabaret, M.Muyenge prend un Heineken (frais) accompagné d’une brochette de poisson.
Alexandre Muyenge n’oubliera jamais une anecdote qui lui est arrivé un jour quand il était encore en 3e année primaire. Il blaguait avec un ami de classe et ils avaient fait une interrogation de français. Les deux camarades ont échangé les feuilles d’interrogation. Le titulaire du cours qui les avaient longuement regardés leur a intimé l’ordre de garder chacun la copie qu’il avait. Muyenge se retrouva avec la copie de son camarade, avec une note de 10/20 qui garda la copie de Muyenge avec une note de 17/20. Ce qui lui a privé d’être premier de la classe, une place qu’il disputait régulièrement avec son camarade.
Olivier Nishirimbere