Les malformations congénitales, sous diverses formes, sont une réalité au Burundi. Certaines d’entre elles sont prévisibles lors des échographies, d’autres ne sont remarquées qu’à la naissance. ll y en a celles qui sont compatibles avec la vie et d’autres qui ne le sont pas. La seule façon de les détecter est de faire des échographies. Cependant, une faible participation aux consultations prénatales augmente le taux des naissances avec malformations congénitales au Burundi.
Selon Dr Salvator Harerimana, les malformations congénitales sont également appelées anomalies à la naissance. Certaines se font remarquer après la naissance, d’autres au contraire sont visibles par le truchement des échographies effectuées lors des consultations prénatales. Bien que leurs causes soient souvent inconnues, certains facteurs génétiques et environnementaux, ainsi que les infections, augmentent le risque de développement de ces anomalies.
La malformation congénitale d’un fœtus est détectée lors d’une échographie morphologique
Au cours d’une grossesse, l’échographie permet d’étudier la vitalité et le développement du fœtus, de dépister des anomalies ou encore de déterminer le sexe de l’enfant. « la malformation congénitale d’un fœtus est détectée lors d’une échographie appelée échographie morphologique. Elle s’effectue normalement vers le 5e mois de grossesse et permet de détecter précocement les problèmes qui nécessitent une prise en charge rapide » explique Dr Harerimana.
Selon lui, ces malformations parfois ne sont pas compatibles avec la vie et dans ce cas, un collège de médecins peut décider avec consentement du couple, d’interrompre la grossesse. D’autres fois, ces malformations sont compatibles avec la vie et dans ce cas, cette grossesse reste sous contrôle jusqu’ à la naissance du bébé qui subira par la suite une correction morphologique adéquate. Malheureusement, le taux de participation à ce genre de consultations laisse à désirer au Burundi. Ce qui fait que les malformations congénitales se remarquent trop tard.
Difficulté d’accès à l’échographie parmi les barrières
Dr Harerimana fait savoir que la plupart des femmes enceintes, surtout en milieu rural ne font recours aux consultations prénatales que quand elles ont un malaise quelconque. Mais si elles se sentent en bonne santé, elles oublient complètement les consultations prénatales et les échographies. Il y en a qui n’ont pas encore compris la plus-value de faire des échographies.
Les longues distances à parcourir et les moyens de transport peu développés constituent une barrière à l’accès à l’échographie pour certaines femmes enceintes, surtout celles de l’intérieur du pays. La contreperformance des appareils et des techniciens peut constituer aussi une lacune.
Signalons que chaque année, plus de 7,9 millions d’enfants, soit 6 % du nombre total de naissances dans le monde naissent avec une malformation congénitale. Environ 7% de l’ensemble des décès néonataux dans le monde sont dus à des anomalies congénitales (OMS, 2008). Il faut noter également que le Burundi, ne dispose pas de statistiques sur les cas de malformations congénitales répertoriés dans le pays. Mais les gynécologues font savoir qu’ils assistent souvent à de tels cas. Ils invitent cependant toutes les parties prenantes à contribuer à l’éradication de ce fléau.
Eliane Nduwimana