
Le président Ndayishimiye a laissé entendre que, faute de garder l'honnêteté, la démission est le moindre des choix à faire pour certains juges dont la conscience professionnelle n'est plus.
Le président de la République, Evariste Ndayishimiye a procédé à l’ouverture de l’année judiciaire 2023-2024 au stade Ingoma de Gitega, le vendredi 1er septembre 2023. Il a déploré la persistance de mauvais comportements qui sévissent encore chez plusieurs magistrats qui ternissent l’image de la justice burundaise.
Les cérémonies ont vu la participation des hautes autorités du pays, entre autres, les présidents des deux chambres du Parlement burundais, le Vice-président de la République, le Premier ministre, l’Ombudsman, le président de la Cour suprême, le procureur général de la République, etc. Le thème retenu pour cette année pourrait se traduire comme suit. “Des procès équitables et exécutés en temps utile sont une justice favorisant les justiciables à exécuter des projets de développement ».
Dans son discours, le président de la République, Evariste Ndayishimiye a déploré le dérapage continu de certains magistrats qui ne cessent de ternir l’image de la justice burundaise, la poussant à désarmer de sa mission première de rendre des procès équitables. Il a insisté sur la carence manifeste des juges et magistrats dignes de leur nom au Burundi. Aux « juges corrompus », le président Ndayishimiye leur appelle à la prise de conscience avant qu’il ne soit tard. Quant aux moyens de déplacement qui sont cités comme à l’origine de la lenteur observée dans des procès, M. Ndayishimiye conseille aux responsables des cours et tribunaux de gérer le peu de moyens disponibles en bons pères de famille. Et de faire remarquer qu’en aucun cas, le manque de véhicules ne peut être à l’origine de l’injustice dont sont victimes les justiciables. Se basant sur les enseignements de l’Apôtre Isidore Mbayahaga qui l’avait précédé par une séance de prédication, Evariste Ndayishimiye demande à tous les intervenants dans le secteur de la justice de lire la Bible, source de sagesse divine. Il leur a indiqué le livre des Nombres 11,10 et plus. C’est un passage biblique où Moïse demandait avec insistance, l’intervention divine pour l’aider à trancher et à bien organiser le peuple juif dans le désert. Dieu l’inspira à choisir 70 hommes intègres, irréprochables et incorruptibles dans leur comportement et les amener devant le temple pour que Dieu leur accorde un esprit juste comme celui de Moïse.
Etre honnête ou démissionner, que choisir?
Le président Ndayishimiye a laissé entendre que, faute de garder l’honnêteté, la démission est le moindre des choix à faire pour certains juges dont la conscience professionnelle n’est plus. Il a fait savoir que ,compte tenu des plaintes de la population sur l’injustice dont elle est victime, il est difficile que le pays arrive à sa vision de faire du Burundi, une économie émergente en 2040 et un pays développé en 2060, avec des juges et magistrats corrompus qui ne rendent pas des procès équitables.
La ministre de la justice Domine Banyankimbona avait, quant à elle, reconnu dans son discours, que l’appareil judiciaire burundais connaît des lacunes malgré des améliorations ces derniers jours. Elle a notamment parlé des cas des juges et magistrats qui se rendent coupables des actes de corruption dans certains procès. Certains sont emprisonnés et d’autres punis sévèrement au niveau administratif, a fait savoir la ministre Banyankimbona. Elle a, toutefois, parlé des avancées significatives dans la réduction des procès au niveau des tribunaux de résidence grâce à la mise en place effective des notables collinaires.
Dans son mercuriale, le procureur général de la République, Léonard Manirakiza a reconnu des cas de corruption qui se font toujours remarquer. Il en est de même pour le président de la Cour suprême qui appelle les fautifs à se ressaisir. Les deux ont évoqué l’insuffisance du personnel dans la magistrature burundaise et le manque de moyens de déplacement.
Amédée Habimana