Le président de la république du Burundi, chef suprême de la magistrature et président en exercice de l’Union africaine Evariste Ndayishimiye, a solennellement ouvert, le 8 septembre 2026, à l’hémicycle de Kigobe, l’année judiciaire 2026-2027. Dans son discours, il a appelé les magistrats à exercer leurs fonctions avec rigueur, déontologie et intégrité, afin de bâtir une justice indépendante, accessible et au service de la population.

Les membres du corps de justice sont exhortés d’accomplir leurs tâches sans faille, avec professionnalisme et dans le respect de la déontologie. (Photo : Ferdinand Hakizimana)
Le chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye a rappelé aux magistrats que la justice constitue un pilier essentiel du pays et une valeur fondamentale dans l’exercice de leurs fonctions. Il les a exhortés à accomplir leurs tâches, avec professionnalisme et dans le respect de la déontologie. Il a insisté sur la nécessité de rendre une justice indépendante et utile à la population, en veillant à ce que chaque citoyen qui saisit les juridictions soit satisfait conformément à la loi. Il a également appelé les magistrats à éviter toute forme de corruption, soulignant que l’intégrité est indispensable à la confiance des justiciables.
Des jugements rendus dans les meilleurs délais
Le président de la République a recommandé aux magistrats de rendre les jugements rapidement, afin de répondre aux attentes de la population. Il a notamment insisté sur l’importance de rapprocher la justice aux citoyens et de garantir son accessibilité à tous.
Dans le domaine foncier, il a rappelé que les jugements doivent être rendus sur le terrain, conformément à ses orientations, afin de permettre une meilleure compréhension des réalités locales et de contribuer à la résolution des conflits.
Des présidents des tribunaux appelés à être des modèles
Le président de la Cour suprême, Gamaliel Nkurunziza, quant à lui a demandé aux présidents des tribunaux d’être des modèles pour les magistrats et les agents placés sous leur responsabilité. Il a souligné que le bon fonctionnement des juridictions dépend de l’exemplarité de leurs dirigeants.
Il a indiqué que, conformément à l’article 35 de la loi portant organisation de la Cour suprême, l’ouverture de l’année judiciaire est précédée de visites de terrain et d’échanges avec les responsables des autorités judiciaires. Ces activités permettent de suivre le fonctionnement des juridictions et d’identifier les défis à relever.
Une justice réconciliatrice et proche de la population
Le président de la République a également souligné que la justice ne doit pas se limiter à trancher les différends, mais qu’elle doit aussi contribuer à la réconciliation nationale. Il a, à cet égard, salué le travail de la Commission vérité et réconciliation (CVR).
Le chef de l’Etat a aussi fait savoir que l’indépendance de la justice nécessite des moyens suffisants, notamment des infrastructures, des équipements et des frais de fonctionnement. Il a annoncé que le corps judiciaire bénéficiera d’un budget propre, à l’instar du Sénat et de l’Assemblée nationale.
De son côté, Gamaliel Nkurunziza a souligné que les récentes réformes judiciaires, notamment la mise en place de nouvelles institutions telles que la Cour d’appel de commerce à travers tout le pays, ont permis le recrutement de nouveaux agents et contribué à une meilleure organisation du corps judiciaire.
Au cours de cette cérémonie, six membres du corps de justice parmi les procureurs, présidents des tribunaux et les greffiers, dont quatre femmes, ont été primées en reconnaissance de leur engagement dans le domaine judiciaire.
Ferdinand Hakizimana
