
Les cérémonies se sont clôturées par la remise des certificats de reconnaissance à six membres de la diaspora burundaise qui ont servi de modèle dans le développement. (Photo Moïse Nkurunziza)
Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération au développement, Albert Shingiro a procédé, le samedi 19 août 2023, à la clôture de la septième édition de la Semaine diplomatique. C’est une occasion qui a permis de rappeler à ces Burundais les cinq piliers de la Politique nationale de la diaspora et de formuler quelques recommandations.
« Je voudrais vous rappeler le contenu de la nouvelle Politique nationale de la diaspora basée sur la croissance économique. Cette politique s’articule sur cinq piliers », a indiqué M. Shingiro. Le premier pilier consiste à attirer des investisseurs étrangers. M. Shingiro a souligné à gros traits le rôle de chaque membre de la diaspora dans le développement du pays. « Comme vous le savez, le pays ne peut pas réussir à résoudre la question du chômage sans la contribution des entreprises étrangères ».
Le deuxième pilier est basé sur les échanges de marchandises entre le Burundi et les autres pays. Pour le ministre Shingiro, l’exportation des produits burundais permettra d’encaisser des devises. Le troisième pilier concerne le transfert des technologies. M. Shingiro a appelé ces Burundais à chercher dans les pays où ils vivent des partenaires qui peuvent ramener au Burundi, ces technologies. « Par exemple, sans la technologie agricole, la production sera toujours insignifiante. Ces nouvelles technologies permettent d’avoir une grande production agricole sur une petite surface ». Le quatrième pilier concerne le développement des infrastructures qui est la base du développement. Le dernier pilier est le développement du secteur touristique.
Venir investir au Burundi après leurs études, une des recommandations
A l’issu des activités marquant la septième édition de la Semaine diplomatique, édition 2023, plusieurs recommandations à l’endroit du gouvernement, de la diaspora et à tout Burundais ont été formulées. Il a été recommandé au gouvernement du Burundi d’instaurer la Politique nationale de digitalisation dans tous les services publics pour faciliter l’accès et le contrôle mais aussi pour éradiquer toute manœuvre dilatoire de fraude. Il a été également recommandé d’inculquer le professionnalisme dans la pratique des services rendus par les agents publics avec le respect du timing tout en évitant des pauses prolongées pendant les heures de services.
Bien plus, il a été recommandé au gouvernement d’assainir l’image du pays à partir de l’aéroport international Mélchior Ndadaye et ses alentours et libéraliser la commercialisation des produits pour faire entrer les devises au pays. Il a été aussi recommandé de créer des services express payant en vue d’éviter le favoritisme pour les demandeurs de service rapide, par exemple le cas des passeports. Le gouvernement devrait établir la cartographie de la diaspora burundaise pour savoir leur effectif à partir de statistiques condensées par la représentation de la diaspora. L’autre recommandation est de créer un bureau spécialisé pour la gestion des membres de la diaspora surtout dans le domaine foncier sans oublier de mettre en place des politiques et programmes appropriés encourageant le retour temporaire des membres de la diaspora au Burundi afin de faciliter le transfert des compétences et d’expertise. Les participants ont également recommandé de créer la base de données de la diaspora burundaise et de revoir à la baisse le taux des droits de douanes et autres taxes imposés sur les véhicules neufs qui risqueraient de céder le marché aux vieux véhicules fumant dont le danger pour l’environnement et la vie de la population est énorme.
Il a été constaté que le pays a besoin d’une cartographie de la diaspora burundaise. Cette dernière a été appelée à faciliter le ministère en charge des affaires étrangères dans l’établissement de cette la cartographie. Les membres de la diaspora ont été également appelés à s’imprégner des textes institués par le gouvernement relatifs aux investissements au Burundi et d’éviter des pertes liées à l’ignorance. Ils sont invités à revenir au Burundi avec leur expertise après les études à l’étranger ou d’investir au Burundi pour ceux qui sont partis travailler à l’étranger.
Appuyer les leaders dans leurs initiatives
Chacun devrait amener au moins deux investisseurs étrangers pour investir au Burundi dans les secteurs porteurs de croissance identifiés dans la Plan national de développement burundais et la vision du pays émergent en 2040 et développé en 2060. Les membres de la diaspora ont également été appelés à poursuivre l’alimentation du compte dénommé « Projets diaspora » ouvert à la Banque de la république du Burundi (BRB). Enfin, il a été recommandé à la diaspora de renforcer le patriotisme, l’amour, l’unité et la solidarité.
Les Burundais ont été invités à appuyer les leaders dans leurs initiatives visant le développement intégral du pays mais également de conjuguer les efforts dans l’accomplissement des tâches afin d’accroître la production.
Les cérémonies se sont clôturées par la remise des certificats à six membres de la diaspora qui ont servi de modèles dans les activités visant la croissance économique du Burundi.
Moïse Nkurunziza