Réunis en séance plénière sous l’égide du président du Sénat Gervais Ndirakobuca, le samedi 27 décembre 2025 dans le palais des congrès de Gitega, les sénateurs burundais ont adopté à l’unanimité le projet de loi des finances rectifier pour l’exercice 2025-2026. Cette révision budgétaire est marquée par une hausse modérée des dépenses et une augmentation des ressources qui occasionnent une réduction significative du déficit, dans un contexte de réformes administratives et de priorités sociales renforcées.

Le ministre de Finances, du budget et de l’économie numérique Alain Ndikumana était l’invité au Sénat pour présenter les motifs du projet de loi portant modification de la loi n°1/12 du 24 juin 2025 fixant le budget général de l’Etat pour l’exercice 2025-2026. Pour lui, cette révision de la loi budgétaire est essentiellement liée à la réforme administrative de décentralisation et de déconcentration des services publics, visant à rapprocher, davantage, l’administration des citoyens. Egalement, poursuit M. Ndikumana, le projet de loi des finances rectifié, 2025-2026 a été élaboré sur base du cadrage macroéconomique à moyen terme actualisé. Il s’inscrit dans la cohérence du Plan national de développement (PND 2018-2027) révisé, de son Plan d’actions prioritaires (PAP), et de la Vision du Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060. Les ressources du budget général de l’Etat modifié, y compris les dons, passent ainsi de 4 821,8 milliards de BIF à 5 004 milliards de BIF, soit une augmentation de 3,8 %. Les dépenses totales s’élèvent désormais à 5 352 milliards de BIF, contre 5 258,6 milliards de BIF dans le budget initial, enregistrant une hausse de 2,1 %.
Un déficit budgétaire réduit
Selon toujours le ministre Alain Ndikumana, grâce à ces ajustements, le déficit budgétaire global est ramené à 347,9 milliards de BIF, contre 436,8 milliards de BIF initialement prévus, traduisant un effort de rationalisation des finances publiques. Et dans le cadre de l’élargissement de l’assiette fiscale et du renforcement de la mobilisation des recettes, il indique que plusieurs mesures ont été introduites ou révisées. Parmi celles-ci figurent l’interdiction pour les attributaires de marchés publics, d’importer des produits disponibles localement en quantité suffisante, l’instauration d’une surtaxe de 10 % sur la valeur en douane de l’alcool éthylique ainsi que la suppression de certaines exonérations à l’importation.
Le ministre en charge des finances a également présenté les principales allocations budgétaires retenues. Dans le domaine de l’énergie, eau et mines : il y a le projet de mise en œuvre du projet d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, acquisition d’équipements miniers et opérationnalisation de 800 sites miniers. Concernant l’environnement et agriculture, il a cité le projet de distribution de la dolomie pour les saisons agricoles 2026 A, B et C. Concernant les finances, il y a acquisition de machines de facturation électronique, appui à la réforme administrative et contribution à la construction d’un centre commercial sur le site de l’ex-marché central de Bujumbura. D’autres allocations budgétaires retenues concernent les domaines de la santé, l’éducation nationale, le transport et infrastructures, la justice, la fonction publique et la sécurité sociale ainsi que le domaine de la communication et médias
Après analyse et adoption des amendements de fond et de forme, les sénateurs ont adopté, à l’unanimité, le projet de loi des finances modifié, pour, l’exercice 2025-2026.
Eric Sabumukama
