Là où dominaient, autrefois, les cultures vivrières à faible rendement, les palmiers à huile dressent, désormais, leurs silhouettes verdoyantes. Introduite dans la zone Kumoso, il y a près de dix ans, cette culture pérenne transforme progressivement le quotidien des ménages de Muhwazi et Kinyinya de la commune Gisuru en province de Buhumuza. Les habitants s’en félicitent à voir les revenus familiaux augmenter, des emplois se créer et la nutrition s’améliorer.

Sur les collines, l’enthousiasme est palpable. « Avant, nous dépendions presque uniquement du maïs et du manioc. Aujourd’hui, avec les noix de palmier, j’ai une source de revenus plus régulière », confie Ndayishimiye Jean, agriculteur de la colline Vumwe de la zone Kinyinya. Selon lui, la vente des régimes permet de faire face aux dépenses scolaires et sanitaires sans attendre la saison des récoltes traditionnelles. Au-delà des parcelles, toute une chaîne d’activités s’est développée. La récolte, le transport, le décorticage et la commercialisation mobilisent une main-d’œuvre locale, notamment des jeunes. Aux abords des pistes, de petits points de vente se multiplient, dynamisant l’économie de proximité.
Au chef-lieu de la zone Muhwazi Chantal ,Nduwimana , mère de cinq enfants, vend des noix de palmier au marché local. « Je me procure les régimes auprès des producteurs et je les revends. Avec ce commerce, je peux acheter de la nourriture variée et contribuer aux frais de la maison. Les femmes y trouvent leur compte », témoigne-t-elle, un sourire aux lèvres.
Une nutrition améliorée
L’huile de palme produite localement s’invite de plus en plus dans les cuisines. Riche en énergie, elle complète l’alimentation des ménages et réduit la dépendance aux huiles importées. «Nous utilisons notre propre huile pour cuisiner. C’est moins cher et plus accessible », explique Pascaline, Nkurunziza habitante de Muhwazi.
Les autorités locales et les encadreurs agricoles saluent cette dynamique et encouragent l’extension raisonnée des plantations, tout en sensibilisant sur les bonnes pratiques culturales et la protection de l’environnement. Cela avec un seul objectif à consolider, les acquis et assurer une croissance durable de la filière.
A Kinyinya comme à Muhwazi, le palmier à huile n’est plus seulement une plante, il est devenu un levier d’autonomisation économique, un catalyseur d’emplois et un symbole d’espoir pour les familles qui voient leurs conditions de vie s’améliorer régime après régime.
Amédée Habimana
