
Selon la Fenadeb, la précarité de la situation socio-économique de certains ménages où les enfants sont contraints de travailler pour apporter une contribution à la survie de la famille en est l'une des causes de ce commerce ambulant exercé par les mineurs
Ayant abandonné l’école, beaucoup d’enfants mineurs sillonnent la ville de Bujumbura et d’autres villes ainsi que des villages du pays exerçant le commerce ambulant pour assurer leur survie ou pour contribuer à celle de leurs familles. La Fenadeb (Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance au Burundi) reconnaît ce défi et propose des solutions dont la mise en place d’une loi spécifique.
Nous sommes le lundi 12 juin 2023, exactement à 9h30, au parking des bus sis aux alentours de l’ex-marché central de Bujumbura. A chaque minute qui passe, le soleil devient de plus en plus accablant. Et pourtant, tout se passe comme si ce soleil ne touche pas les gens. Le commerce, bien que interdit par l’administration, y est florissant. Des hommes et des femmes, ainsi que des mineurs, y ont exercé le commerce ambulant. Des mouvements de va-et-vient s’intensifient. Joyeuse (pseudo), une fillette d’une dizaine d’années, originaire de Kamesa au quartier Musaga, locataire un van sur les épaules, sillonne le parking des bus desservant la partie sud de la capitale économique Bujumbura. Elle vend des arachides empaquetées à 500 FBu le sachet, et des biscuits. De temps en temps, elle passe de bus en bus, exposant ses produits,
Infatigable, fidèle et résistante au soleil après un bon bout de temps elle parvient à accrocher un client qui lui donne un billet de 500 FBu pour un paquet d’arachides grillées. Vingt minutes après, elle se dirige vers la façade sud, côté Plazza. Elle y rencontre une autre fillette, Vanessa (un autre pseudonyme) de neuf ans. Elle est aussi une vendeuse d’arachides. Elles échangent un petit moment. Entre temps, un garçonnet d’au moins 14 ans y passe, tenant deux gobelets et un petit bidon d’eau à la main : il vend de l’eau. Les deux fillettes en achètent un gobelet qu’elles partagent dans un climat d’entente. Après quelques minutes, les deux fillettes se séparent de nouveau. Joyeuse reste assise et Vanessa va, à son tour, sillonner le parking. Nous nous approchons alors de Joyeuse qui hésite dans un premier temps de nous relater sa situation. « Ma famille éprouve des difficultés de subvenir aux besoins de tous les membres de la famille à cause de la pauvreté. J’ai été contraint d’abandonner l’école pour aider dans la survie de ma famille ». Elle rentre toujours vers 21h pour revenir le lendemain matin. Dans la foulée, nous avons aussi approché un autre. Un garçonnet que nous avons appelé Isaac. Agé de 14 ans, il nous dit qu’il est originaire de la province de Ngozi. Il fait du commerce ambulant des œufs et des cacahouètes dans différents bistrots du quartier Mutanga Nord. nous avons aussi approché un autre. Un garçonnet que nous avons appelé Isaac. Agé de 14 ans, il nous dit qu’il est originaire de la province de Ngozi. Il fait du commerce ambulant des œufs et des cacahouètes dans différents bistrots du quartier Mutanga Nord. nous avons aussi approché un autre. Un garçonnet que nous avons appelé Isaac. Agé de 14 ans, il nous dit qu’il est originaire de la province de Ngozi. Il fait du commerce ambulant des œufs et des cacahouètes dans différents bistrots du quartier Mutanga Nord.
La pauvreté des ménages, une des causes, selon la Fenadeb
Interrogé à propos de ces mineurs qui font le commerce ambulant, Yves Ishimwe, responsable des programmes à la Fenadeb, reconnaît ce défi en ces termes. « Au niveau de la Fenadeb, nous sommes conscients qu’il y a des enfants exploités ou qui accomplissent des travaux lourds qui, d’habitude, sont destinés aux adultes ». Il regrette que les enfants exerçant ce commerce ambulant soient privés de leurs droits à la scolarité, à la santé et à leur bien-être.
A la question d’en savoir les causes, M. Ishimwe, d’un ton ferme répond en ces termes. « C’est vrai qu’au niveau de la Fenadeb, nous remarquons cela mais il y a des facteurs qui font que cette situation persiste ». Il donne l’exemple de la précarité de la situation socio-économique de certains ménages où les enfants sont des contraintes de travail pour apporter une contribution à la survie de leurs familles. De cette situation, il résulte des cas de traite des enfants ou de leur exploitation dans les travaux domestiques, champêtres, de garde de troupeau, de fabrication des briques et d’autres travaux lourds.
Légiférer le travail des enfants
Ishimwe trouve qu’il est nécessaire qu’une loi soit mise en place pour réglementer, entre autres le travail domestique et pour interdire formellement que les enfants de moins de 16 ans, l’âge légal d’admission au travail au Burundi, ne peut pas être recrutés. « C’est une étape à franchiser mais des efforts doivent être fournis notamment par le gouvernement pour légitimer et interdire le travail des enfants ». Et de renchérir que c’est bel et bien le gouvernement qui doit prendre le lead mais aussi les communautés doivent être sensibilisées sur les droits des enfants. « Nous devons comprendre que les enfants ont des droits qui doivent être protégés et que toute forme de travail qui les prive de leur scolarisation, de leur bien-être ou de leur santé est nuisible et doit être banni », découvert-il.
Moise Nkurunziza