Le lundi 25 mai 2026, la mission ophtalmologique chinoise « Marche vers la lumière » s’est installée à l’Hôpital prince régent Charles de Bujumbura pour lancer une campagne intensive d’opérations de la Cataracte. Durant dix jours, les spécialistes prévoient de restaurer la vue de 200 à 250 patients. Cette action humanitaire gratuite redonne autonomie et dignité aux malades, tout en soulageant le fardeau socio-économique de leurs familles.

(Photo: Jean Marie Ndayisenga)
L’effervescence est palpable dans les couloirs de l’Hôpital prince régent Charles (HPRC). Cette structure publique, la plus grande du Burundi, a été choisie par la mission médicale chinoise pour déployer son expertise chirurgicale. Le Dr Li Xinzhang, chef de mission, explique ce choix stratégique : « C’est le plus grand hôpital du pays et il est public. De plus, notre équipe chinoise qui y travaille déjà de manière permanente nous offre un grand soutien pour bien coopérer. »
Durant cette campagne de dix jours, les spécialistes prévoient d’opérer la cataracte d’environ 200 à 250 malades. « Nous allons apporter la lumière pour les patients, afin qu’ils puissent prendre les soins eux-mêmes, et ainsi, lever le stress de la famille et de la société », précise le chef de mission, qui espère multiplier ces activités à l’avenir grâce à cette solide coopération.
Du côté des bénéficiaires, le soulagement est immense. Gérard Magorwa, un père de neuf enfants âgés de 81 ans habitant de la commune Cibitoke, se réjouit de cette initiative : « Cela va réduire les difficultés des personnes âgées, notamment le manque d’autonomie dans les déplacements. » Il remercie le gouvernement, tout comme Magdalena Inabigombo orginaire de Rugombo et mère de douze enfants, arrivée à l’aube pour retrouver la vue : « Quand on voit bien, rien n’est impossible. Lorsqu’on ne voit pas correctement, on ne peut plus travailler.» Enfin, Jonas Ndabigerageze, venu de Mugina, exhorte les autorités à prendre en main la santé de la population, rappelant que sans santé, il ne peut y avoir de développement.
Au cours de cette activité, quelques défis s’observent
L’équipe doit surmonter plusieurs défis logistiques, notamment les coupures d’électricité qui menacent la stabilité des machines, la vétusté relative aux appareils et la barrière linguistique. « Les patients parlent le kirundi, leur langue maternelle, donc c’est difficile de communiquer directement avec les malades. On a besoin d’interprètes comme médiateurs », souligne Li Xinzhang.
Malgré ces obstacles, la sécurité est optimale : après trente minutes d’observation postopératoire et la remise de médicaments, le relais sera assuré par des ophtalmologues locaux à Bujumbura, Mpanda et Gitega.
Confiant et ému du succès de l’initiative, M. Xinzhang ne cache pas sa fierté : « Nous sommes très ravis de venir ici pour vous aider. Vive la Chine, vive le Burundi, vive l’amitié entre les peuples de nos deux pays».
Jean Marie Ndayisenga
