L’inclusion financière est importante dans l’atteinte des objectifs de développement d’un pays en général, et des familles en particulier. Les femmes vivant avec handicap témoignent que l’inclusion financière facilite leur réintégration économique et sociale. Ce sont les propos de Jocelyne Horanimana, présidente de l’ABPDFH-Urumuri (Association burundaise pour la promotion des droits des femmes handicapées) et Soline Uwimana de l’association des filles handicapées « Espoir » dans leurs entretiens accordés au journal « Le Renouveau du Burundi », le mardi 24 mars 2026.

L’inclusion financière permet aux différents individus d’accéder aux services bancaires, c’est-à-dire être en possession d’un compte bancaire, faire des épargnes, accéder aux crédits, etc. Et les femmes vivant avec handicap ont besoin de solliciter ces services afin d’atteindre leur autonomie financière.
Selon Jocelyne Horanimana, l’ABPDFH-Urumuri organise des séances de sensibilisation pour montrer aux femmes vivant avec handicap comment elles peuvent atteindre leur autonomisation financière grâce à l’inclusion financière. Elle a précisé que les opportunités qu’offrent les services bancaires sont énormes pour atteindre le développement durable. C’est pourquoi les femmes vivant avec handicap ne devraient pas rester en arrière. Elle a ajouté que l’inclusion financière est une approche qui pourra faciliter leur réintégration sociale et économique dans les communautés. « Si la femme handicapée s’auto-développe, elle ne reste plus un fardeau pour sa famille et le pays qui doit l’aider à survivre », a-t-elle souligné.
Pour les femmes vivant avec handicap qui ont peur de solliciter les services bancaires, Mme Horanimana a précisé que l’ABPDFH-Urumuri leur conseille de faire recours aux services bancaires pour qu’elles soient autonomes mais aussi pour le bien de la société. Aussi, ces femmes sont appelées à travailler dans des coopératives pour gagner la confiance des institutions bancaires afin de bénéficier des crédits.
Le taux de participation reste faible
Mme Horanimana a souligné que les femmes vivant avec handicap commencent à comprendre l’importance de l’inclusion financière pour leur auto-développement. Mais le taux de participation reste faible. C’est pourquoi chaque fois qu’il y a une rencontre, il y a une séance de sensibilisation concernant le développement économique. Elle a ajouté que cette association est satisfaite de l’implication des femmes vivant avec handicap dans le désir d’atteindre le développement durable. Toutefois, notre interlocutrice a laissé entendre que les femmes vivant avec handicap font face à certains défis qui freinent leur auto-développement. Ce sont entre autres le manque de kits de mobilités par exemple les béquilles, orthèses. Elle a cité aussi la non scolarisation qui engendre le non accès à des informations nécessaires pour leur auto-développement.
La présidente de l’ABPDH-Urumuri a saisi cette occasion pour interpeller les autorités habilitées à mettre en place des politiques adaptées aux besoins spécifiques des personnes vivant avec handicap. La promotion de l’inclusion du groupe spécifique est aussi nécessaire afin d’éviter qu’un groupe reste en arrière dans le développement du pays.

Manque de garantie, un des défis
Pour Soline Uwimana, l’inclusion financière est nécessaire pour réaliser les projets de développement. Elle affirme que les femmes vivant avec handicap ne devraient pas rester en arrière en ce qui concerne le développement du pays. Et l’inclusion financière les aide à réaliser différents projets de grâce aux épargnes et aux crédits. Mais, ces derniers restent inaccessibles dans les banques. « Il est difficile d’accéder aux services dans les banques pour les personnes à faible revenus, si ce n’est que dans les micros finances », a-t-elle renchéri. Notre interlocutrice a souligné que pour demander un crédit. par exemple auprès d’une banque, cette dernière exige une garantie et cela constitue l’un des défis pour accéder à des services bancaires pour les femmes vivant avec handicap. Mme Uwimana conseille aux femmes vivant avec handicap d’adhérer aux coopératives car il est plus facile d’accéder à un crédit de groupe. Aussi, le capital est élevé quand elles travaillent en tant que coopératives.
Fidès Ndereyimana
