La culture de contre-saison pratiquée dans la vallée de la Kanyaru continue de démontrer son importance dans l’amélioration des conditions de vie des habitants des collines de la commune Kirundo, en province de Butanyerera. Les agriculteurs affirment que cette pratique augmente la production agricole. Après la récolte du riz, ils enchainent avec d’autres cultures. Cette continuité leur permet d’assurer une alimentation suffisante de nourriture et de dégager des revenus pour améliorer les conditions de vie de leurs familles. Ces propos ont été recueillis par le journal « Le Renouveau du Burundi » auprès des agriculteurs.

Les exploitants des terres de la vallée de la rivière Kanyaru, qui marque la frontière entre le Burundi et le Rwanda, expliquent qu’après la récolte du riz, ils cultivent le haricot, du soja, du maïs, du sorgho, des patates douces et d’autres cultures vivrières. Selon eux, cette pratique permet aux ménages, d’éviter la faim, car ils continuent de produire pendant la saison sèche au lieu de rester inactifs.
Emmanuel Mugema, agriculteur, indique que la culture de contre-saison a sorti sa famille de la pauvreté. « Dès la fin de la saison sèche, nous pouvons déjà récolter. Avant nous devions attendre les pluies pour commencer les travaux. Aujourd’hui, nous cultivons même pendant la saison sèche. Nous obtenons de bonnes récoltes qui nourrissent la famille et nous vendons le surplus sur les marchés», témoigne-t-il.
Consolate Kabirori, agricultrice, explique pour sa part, que les revenus issus de ces récoltes lui permettent de payer les frais scolaires de ses enfants, de couvrir les dépenses de santé et de répondre aux besoins quotidiens de son ménage. Cette activité a profondément transformé les conditions de vie de sa famille », affirme-t-elle.
Vers un meilleur aménagement hydraulique
Jean Bosco Miburo souligne que le respect des conseils des techniciens agricoles contribue à l’amélioration des rendements. « Grâce à l’encadrement technique, de nombreux agriculteurs obtiennent aujourd’hui, des récoltes bien supérieures à celles d’autrefois » précise-t-il.
Il relève, toutefois, que les fortes chaleurs et le manque d’eau pendant certaines périodes réduisent parfois les rendements. Les agriculteurs demandent ainsi au gouvernement et à ses partenaires de développement, d’aménager les eaux de la rivière Kanyaru afin qu’elles puissent servir à l’irrigation lorsque les précipitations sont insuffisantes.
Chantal Kamariza, agricultivatrice, invite les autres habitants, à s’engager dans la culture de la saison Car, c’’est un moyen efficace de lutter contre la faim et de renforcer l’économie des ménages », estime-t-elle.
Malgré ces avancées, tous les agriculteurs s’accordent à dire que la culture de contre-saison joue un rôle essentiel dans le renforcement de la sécurité alimentaire et le développement économique des familles. Ils plaident pour le renforcement des programmes de protection de la vallée, ainsi que pour un meilleur accès aux semences sélectionnées, aux engrais et aux formations techniques, afin d’accroître, davantage, la production. A l’heure actuelle, nous disposants ni de semences améliorées ni d’engrais en quantité suffisante », déplorent-ils.
La culture pratiquée dans la vallée de la Kanyaru s’impose progressivement comme l’un des principaux moteurs du développement économique des habitants des collines de la commune Kirundo. Elle contribue à l’amélioration de leurs conditions de vieet au renforcement de la sécurité alimentaire.
Joseph Mvyariyehe
