Dans la mise en œuvre des projets de développement, il n’est pas nécessaire de disposer d’un grand capital ; l’essentiel est plutôt de prendre la décision. Ils donnent des conseils en encourageant à retrousser les manches, car les temps ont changé. Ils leur demandent à cesser d’attendre uniquement un emploi du secteur public mais plutôt de travailler, de créer leurs propres activités et même de pouvoir offrir du travail à d’autres. Cela ressort de l’interview accordée au journal « Le Renouveau du Burundi» par les jeunes interrogés le 20 janvier 2026.

Pour Nadine Nduwimana, l’idée d’entreprendre est née après la fin de ses études. Comme beaucoup de jeunes, elle espérait trouver un emploi rapidement, mais le temps passait sans résultat. Refusant de rester inactive, elle a décidé de chercher des revenus de base, afin de subvenir à ses besoins. Elle explique avoir commencé avec un petit capital, convaincue que le reste se ferait progressivement.
Elle conseille aux jeunes de ne pas rester les bras croisés pour attendre un appel d’offre d’emploi, et de ne pas mépriser les petites activités. Selon elle, même des initiatives modestes peuvent permettre de vivre et de jeter les bases d’un avenir meilleur. Elle insiste sur l’importance du courage, qu’elle considère comme un moteur essentiel du développement familial et national.
Ange Gloria Ndahimbaze partage un parcours similaire à celui de Nduwimana. Après ses études, elle s’attendait à intégrer la fonction publique, mais la réalité du chômage l’a contrainte de revoir ses projets. Elle a alors décidé de se lancer dans une activité génératrice de revenus avec un capital très limité.
Les débuts ont été marqués par de nombreuses difficultés, mais elle n’a jamais baissé les bras. Partie d’une simple table, elle est aujourd’hui à la tête d’une boutique bien approvisionnée. Elle affirme être arrivée à un niveau qu’elle n’aurait jamais imaginé atteindre juste après l’université.
Elle adresse un message fort aux jeunes, et particulièrement aux jeunes filles : l’argent ne doit pas servir uniquement aux loisirs, mais doit aussi être investi pour renforcer l’autonomie et assurer un avenir stable. Elle souligne également l’importance de l’échange, du conseil et de la recherche d’informations, estimant qu’il est impossible de réussir dans le commerce sans dialoguer avec les autres et comprendre les enjeux.
L’entrepreneuriat comme école de liberté et d’apprentissage
De son côté, Abel Hakizimana explique que le principal moteur de son engagement entrepreneurial est la recherche de liberté et d’indépendance. Travailler pour soi-même permet, selon lui, de prendre ses propres décisions et d’assumer pleinement ses choix.
Il précise que l’entrepreneuriat ne s’apprend pas uniquement à l’école. Une grande partie de ses compétences, il les a acquises en observant les autres : la manière d’accueillir les clients, d’organiser le temps de travail, de gérer une activité et même de rechercher des crédits pour augmenter le capital. Comme les deux autres jeunes, il a commencé avec peu de moyens et estime qu’attendre un grand capital avant de se lancer peut conduire à des pertes, faute d’expérience dans la gestion.
Les bénéfices tirés de son activité lui permettent aujourd’hui de subvenir à ses besoins, d’aider sa famille et de soutenir d’autres personnes, renforçant ainsi la solidarité sociale.
Les trois jeunes s’accordent sur un point essentiel : les pertes font partie du parcours entrepreneurial. Pour eux, l’échec ne doit pas décourager, mais servir de leçon. Il faut analyser les causes, corriger les erreurs et trouver des solutions adaptées.
Yvette Mukeshimana (Stagiaire)
