Adopté en Conseil des Ministres le 10 mai 2023, le Plan directeur de digitalisation des services publics (PDDSP 2023-2033) trace la feuille de route décennale de la transformation numérique du Burundi. Avec une enveloppe globale de 111,8 millions de dollars, ce programme stratégique vise à interconnecter l’administration, sécuriser les données nationales et bâtir un « Burundi en ligne axé sur l’efficacité et la transparence ».
« Jusqu’à présent, l’administration burundaise en ligne souffre d’initiatives sectorielles isolées, fragmentées et peu pérennes », résume ce document trouvable sur les plateformes numériques du gouvernement de la République du Burundi.
Selon ce document, la prolifération de systèmes non interconnectés, l’hébergement de plateformes publiques sur des serveurs à l’étranger ainsi que l’absence de lois sur la cyber sécurité et la protection des données limitaient fortement la portée des outils numériques.
Pour sortir de cette gestion en silos, le PDDSP 2023-2033 fixe une vision claire. Il s’agit de transformer le numérique en un levier de bonne gouvernance, de croissance économique et de lutte contre la corruption. Pour y arriver, le plan s’articule autour de 7 préalables structurants et de 16 initiatives prioritaires déclinées sur dix ans. Parmi les chantiers phares figure la souveraineté numérique, concrétisée par la construction d’un Centre de données intégré national (CDIN) de niveau IV évalué à 12,7 millions de dollars et le rapatriement des données publiques. Le gouvernement consacre également 12 millions de dollars au déploiement du système e-Finance, englobant la modernisation fiscale (e-Taxe), la gestion douanière (e-Douane) et la dématérialisation des marchés publics (e-Approvisionnement).
D’autres piliers sectoriels majeurs touchent l’éducation (e-Education), la santé (e-Santé) et les services au citoyen (e-Citoyen).
Des Télécentres Communautaires polyvalents pour réduire la fracture numérique
Pour réduire la fracture numérique et garantir l’inclusion rurale, le plan prévoit le déploiement de Télécentres communautaires polyvalents ainsi qu’un vaste programme de formation ciblant 1 000 décideurs, 20 000 fonctionnaires et 3 millions de citoyens. Comme le montre le document de cette Stratégie nationale, la mise en place d’un cadre normatif d’interopérabilité et l’adoption de lois sur l’e-Gouvernement et la cybercriminalité viennent consolider cet édifice. « En engageant plus de 111 millions de dollars, le Burundi ne cherche pas seulement à informatiser ses bureaux, mais à réinventer la relation entre l’État et le citoyen », lit-on également dans ce document. La réussite de cette mutation historique reposera désormais sur la capacité du Comité national de digitalisation à briser les résistances administratives et à surmonter les défis persistants liés à la connectivité, aux délestages électriques et à la résistance au changement.
Document exploité par
Moïse Nkurunziza
