La Commission vérité et réconciliation ( CVR) a rencontré, le lundi 19 octobre 2026 à Gitega, les représentants des notables collinaires à travers tout le pays. L’objectif de cet rencontre était de leur présenter la mission et les réalisations de la commission ainsi qu’à préciser leur rôle dans le processus de réconciliation nationale.

Dans son allocution, le vice-président de la CVR Aimé Joseph Kimararungu a rappelé que les notables collinaires sont des partenaires essentiels de cette commission dans la mission de réconciliation des Burundais.« Nous ne pouvons pas réconcilier les Burundais sans votre implication, car vous êtes chargés de les réconcilier dans leur vie quotidienne», a-t-il souligné.
M. Kimararungu a précisé que la CVR a pour mission d’enquêter sur la vérité, de contribuer à la réconciliation nationale et restaurer la dignité des personnes victimes des violences qui ont marqué le Burundi entre 1885 et 2008. La commission est également chargé de recevoir les différends liés aux biens spoliés, notamment les terres et autres biens. L’autre mission de la CVR est d’encourager les personnes ayant accaparé les biens d’autrui durant les périodes concernées à les restituer volontairement, sans recourir aux procédures judiciaires. Elle doit aussi inventorier, au nom de l’Etat, les terres et autres biens spoliés au cours de ces années. A ce sujet, M. Kimararungu a indiqué que ces biens se trouvent sur les collines du pays, d’où la nécessité d’une collaboration étroite avec les notables collinaires pour faciliter leur identification et leur recensement.
Le vice-président de la CVR a invité les notables collinaires à sensibiliser, dans leurs localités respectives, les personnes qui détiennent des biens appartenant à autrui afin qu’elles les restituent à leurs propriétaires légitimes. Il leur a également demandé d’encourager la conclusion d’accords de restitution et d’en informer la CVR, seule habilitée à apposer le sceau final confirmant le règlement des différends concernés. Il les a par ailleurs exhortés à promouvoir le respect des biens publics, signalant que certaines personnes se sont approprié des terres appartenant à l’Etat en profitant de leur position ou de leur pouvoir.
Concernant les différends liés aux violences subies par les Burundais entre 1885 et 2008, Aimé Joseph Kimararungu a rappelé aux notables qu’ils ne doivent pas les traiter eux-mêmes, mais les transmettre à la CVR, qui en a la responsabilité.
Au cours de cette rencontre, les participants ont suivi un film illustrant en résumé les réalisations de la CVR. Ils ont terminé par une séance d’échange sur la bonne continuité des activités de réconciliation des Burundais.
Eric Sabumukama
