
Selon Ferdinand Simbaruhije, la Fenadeb a recensé 38 cas d'infanticide, 10 cas d'avortement connus et 20 cas de meurtre
Un corps sans vie vient d’être découvert dans la broussaille en province de Bururi. dans un entretien que nous a accordé, le mercredi 10 janvier 2024, Ferdinand Simbaruhije, chargé du plaidoyer et de la communication à la Fenadeb (Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance au Burundi) affirme que ce cas n’est pas isolé. Et d’ajouter que « c’est inconcevable de voir des gens qui affichent un tel comportement qui relève d’une animosité sans nom envers des êtres humains immatures ».
Le Renouveau (L.R) : Un corps d’un enfant sans vie, amputé de certaines parties du corps selon les témoins, vient d’être découvert dans la broussaille en province de Bururi. Au sein de la Fenadeb, qu’en dites-vous ? Ce cas est-il isolé ou bien il y a d’autres cas recenses à travers le pays ?
Ferdinand Simbaruhije (F.S) : Au niveau de la Fenadeb, nous disons qu’il s’agit d’un crime odieux qui dépasse l’entendement humain. Nous éprouvons un sentiment de profond regret, de déception et de compassion bien entendu à la famille éprouvée. C’est inconcevable de voir des gens qui affichent un tel comportement qui relève d’une animosité sans nom envers des êtres humains immatures. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un cas isolé car, d’autres cas similaires se produisent dans le pays. On citerait à titre d’exemple, le cas le plus récent de l’enfant Kessy Iteriteka, une fillette de 5 ans de la zone Buterere en Mairie de Bujumbura assassinée le 19 novembre 2023 après avoir été violée.
Face à cette situation, la Fenadeb recommande ce qui suit : Que des enquêtes sérieuses soient chaque fois diligentées en temps utile pour déterminer les coupables et les juger conformément à la loi. Nous demandons que l’administration et la Police veillent à la sécurité de la population en général et des enfants en particulier. « Que toute la population sache que la vie humaine est sacrée. Que la population soit solidaire tant moralement que matériellement pour soutenir la famille de la victime
L.R : Avez-vous les chiffres des enfants qui ont subi des traitements inhumains ou qui ont été tués pendant les deux dernières années ? Si oui, quel est votre constat ?
F.S : A présent, les chiffres de l’année 2023 sont disponibles. La Fenadeb a recensé 38 cas d’infanticide, 10 cas d’avortement connus et 20 cas de meurtre.
Parmi les cas d’infanticide, on note des nouveau-nés qui sont tués par leurs mamans après accouchement, des enfants qui sont tués par leurs parents à cause des conflits familiaux et des enfants qui sont tués suite à des punitions.
L.R : Quelles est la contribution des associations qui militent pour le bien-être des enfants dans la lutte contre ces crimes
F.S : La contribution des associations dans la lutte contre de tels crimes est multiforme. Parmi les actions qu’elles mènent, on peut citer la sensibilisation de la population sur les droits de l’enfant ; l’assistance psychosociale aux enfants victimes de violations ou ceux ayant subi des traitements inhumains lorsqu’ils n’en sont pas morts ; l’assistance tant morale que matérielle aux familles des victimes et l’assistance médicale aux victimes. Il y a également l’assistance immédiate des enfants victimes, l’aide juridique aux familles des enfants victimes et le référencement des cas vers des structures de prise en charge.
L.R : Pour éradiquer ce mauvais comportement de tuer ou de maltraiter les enfants, qu’est-ce que vous demandez ?
F.S : Pour combattre et éradiquer ce comportement inhumain, nous demandons à toute la population de dénoncer les auteurs de ces crimes et/ou les personnes présumées coupables, en vue de permettre des enquêtes. Il faut sensibiliser la population en général à la lutte contre les mauvais comportements de tuer ou de maltraiter les enfants. Nous demandons également de sensibiliser la population sur les droits de l’enfant et de renforcer la capacité des acteurs dans la protection de l’enfant sur les droits de ces derniers.
Nous demandons de veiller à la sécurité des enfants dans tous les milieux, surtout dans les endroits dangereux notamment dans les vallées et dans la brousse ; de réprimer conformément à la loi, les personnes qui se rendent coupables de tels crimes
Propos recueillis par
Moïse Nkurunziza