
Les employeurs et les employés de la commune Kiganda, province de Gitega, comprennent le bien-fondé de l’affiliation des employeurs ainsi que l’immatriculation des employés à la sécurité sociale. Toutefois, Ladislas Manirakiza, Conseiller chargé de la communication et des relations publiques affirme que tout n’est pas rose. Des efforts sont consentis par l’administration communale et le département communal de l’INSS (Institut national de sécurité sociale) pour une sensibilisation accrue de ceux qui se font la sourde oreille.
« Au niveau de la commune, les 55 employés sont immatriculés à la sécurité sociale et leurs cotisations sont versées régulièrement à l’INSS », affirme M. Manirakiza. Comme indiqué, la commune Kiganda, se dit satisfait qu’aujourd’hui, tous ses employés soient immatriculés à l’INSS. « Depuis le début de cette année 2026, aucun employé n’est laissé de côté en ce qui est des cotisations à la sécurité sociale, ce qui n’était pas le cas dans le passé où il y avait un ou deux employés qui n’étaient pas immatriculés », ajoute-t-il. Et de préciser que la commune veille à ce que les cotisations soient régulièrement versées dans les délais.
M. Manirakiza affirme également que l’on observe dans cette commune des employeurs, notamment du secteur privé qui n’immatriculent pas leurs travailleurs pour deux raison majeurs : « Il y a ceux qui le font par ignorance et d’autres qui n’immatriculent pas leurs travailleurs volontairement, pour des intérêts personnels ou ceux de leurs entreprises. Ces derniers le font en connaissance de cause car ils savent que cette pratique est contraire à la loi en la matière ».
La commune, renchérit M. Manirakiza, poursuit ses campagnes de sensibilisations pour éveiller la conscience de toute personne qui le peut de penser à la souscription à la sécurité sociale pour le bien-être familial. « Nous leur expliquons la valeur ajoutée de l’immatriculation à la sécurité sociale pour les bénéfices des pensions de retraite et en cas d’accidents de travail ».
Interrogé à ce propos, chef d’antenne de l’INSS dans la commune Kiganda, Flora Nsabamahoro, interpelle les employeurs du secteur privé au changement de mentalité. « Il y en a qui refusent de verser les cotisations mensuelles de leurs employés à cause du manque de contrat de travail », déclare Mme Nsabamahoro. Elle affirme que le manque des contrats de travail entre l’employeur et son employé constitue un des défis majeurs qui expliquent la réticence de certains employeurs en matière de sécurité sociale ainsi que l’exode des travailleurs à la recherche de meilleures conditions.
La non-immatriculation des employés est la source de plusieurs maux
La non-immatriculation des employés auprès des institutions de sécurité sociale, notamment l’INSS, occasionne des conséquences graves pour le travailleur. « Le travailleur non-immatriculé se heurte à d’énormes difficultés à la retraite ou s’il est victime d’un accident de travail et d’une maladie professionnelle. Il ne bénéficie de rien alors qu’il avait les droits au soutien financier prévu par la loi burundaise », explique Mme Nsabamahoro.
A la question de savoir que des mesures contraignantes sont prévues pour pousser tous les employeurs à s’acquitter de leurs obligations, Mme Nsabamahoro a été très claire : « Au Burundi, le Code de la protection sociale impose à tout employeur l’obligation formelle d’affilier et d’immatriculer ses travailleurs auprès des institutions de sécurité sociale. Ceux qui enfreignent la loi s’exposent à des sanctions sévères prévues par la loi burundaise, sans oublier le paiement obligatoire des arriérés de cotisations qu’ils devraient verser à l’INSS ».
L’article 221 du Code de la protection sociale au Burundi prévoit des sanctions : « Est passible d’une peine d’emprisonnement de dix à trente jours et d’une amende de cent mille à cinq cent mille francs burundais , ou de l’une de ces deux peines, tout employeur qui contrevient aux dispositions du présent Code relatives à l’immatriculation des travailleurs, sans préjudice de l’amende, des pénalités et des majorations encourues. L’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de salariés non déclarés », clarifie cet article.
Moïse Nkurunziza
