Sur la colline Canzikiro, dans la commune Karusi en province de Gitega, un vaste projet d’élevage piscicole porté par le président de la république, Evariste Ndayishimiye, fait figure de transformation socio-économique. Autrefois marécageuse et peu exploitable, cette zone est aujourd’hui le berceau d’un modèle novateur en agriculture intégrée, associant pisciculture et activités connexes qui dynamisent l’économie locale comme nous l’avons constaté, le jeudi 29 janvier 2026.

Sur une superficie d’environ 6 à 7 hectares aménagés sur la rivière Ndurumu, le site de Canzikiro comprend plusieurs étangs piscicoles organisés en série, où sont élevés tilapias et autres variétés de poissons. Le chef de l’Etat Ndayishimiye y combine également l’élevage de poules, de lapins et de porcs dans une logique d’agriculture intégrée, a-t-on appris. Les déchets des volailles servent d’alimentation complémentaire pour les poissons et l’eau fertilisée des étangs irrigue les cultures environnantes. Lors de sa visite sur place, le 16 mars 2023, le président Ndayishimiye avait à l’époque souligné qu’il espérait faire de ce site un lieu d’attraction touristique et un centre de formation pour les agriculteurs, tout en démontrant qu’« il est possible pour chaque Burundais de réussir à partir de petits projets bien conduits ».
Emplois locaux et dynamisation du commerce
Le projet piscicole est rapidement devenu un pourvoyeur d’emplois pour la population de Canzikiro et des collines environnantes. Plusieurs jeunes et adultes ont trouvé des opportunités d’emploi comme techniciens d’entretien des étangs, gardiens, manœuvres et personnels de soutien. Des jeunes femmes travaillent aussi dans la transformation et la préparation des poissons pour la vente sur les marchés locaux. « Avant, beaucoup d’entre nous n’avions rien à faire. Aujourd’hui, je travaille ici chaque matin à nettoyer les étangs et à aider à nourrir les poissons, et ça change vraiment la vie pour ma famille », confie Jean-Claude Nduwayezu, habitant de Canzikiro.
Un modèle inspirant pour les agriculteurs et le commerce de la région
Au-delà de ses retombées économiques, le projet piscicole du chef de l’Etat constitue un modèle inspirant pour de nombreux agriculteurs et éleveurs de Karusi. Plusieurs habitants affirment avoir commencé à s’intéresser à la pisciculture ou à d’autres formes d’élevage après avoir observé les résultats obtenus sur ce site. « Ce projet nous montre que, même sur une colline, on peut réussir avec des idées bien pensées et du travail », confie un notable local.
La production piscicole a entraîné une augmentation significative des activités commerciales sur la colline et dans les environs. Des vendeurs de poissons frais, des petits restaurants improvisés, des transporteurs et des commerçants de produits alimentaires bénéficient directement de l’implantation du projet. «Le poisson se vend très vite ici. Même des commerçants venus d’autres collines ou communes arrivent pour s’approvisionner», explique Marie Louise Nitereka, commerçante locale. De nombreux habitants ont également profité de l’essor du commerce local, avec l’ouverture de petits stands et boutiques vendant du poisson frais à Buhiga, un centre de négoce situé à quelques kilomètres du Nord dudit site, des aliments de base et des outils agricoles. Les transporteurs de Karusi ont vu une augmentation de la demande, tant pour l’acheminement de poissons vers d’autres marchés que pour l’approvisionnement en intrants.
« Le marché du poisson a beaucoup grandi ici. Avant, il n’y avait presque pas de demande. Maintenant, tout le monde vient vendre ou acheter ici même sur la colline », explique une habitante locale.
Effets en chaîne, activités connexes et modèle inspirant
Au-delà de l’emploi direct, le projet a créé une vraie dynamique d’activités connexes : production de nourriture pour poissons, fabrication artisanale d’aliments transformés, transport, vente ambulante, et même discussions en vue de développer des espaces de restauration dans les milieux environnant du site pour les visiteurs et touristes. Le modèle de Canzikiro est susceptible d’inspirer des agriculteurs voisins à diversifier leurs pratiques agricoles, notamment en adoptant des fermes intégrées alliant pisciculture et cultures maraîchères. Un des fonctionnaires de l’ancien bureau provincial en charge de l’agriculture à Karusi s’exprime à ce sujet. « Quand la population voit ce que ce projet a créé ici notamment des emplois, des commerces, des revenus supplémentaires, ça donne envie à chacun de rêver grand pour sa famille et sa colline.»
En favorisant l’emploi, le commerce et la sécurité alimentaire, le projet piscicole privé du chef de l’Etat Evariste Ndayishimiye contribue à la mise en œuvre de la vision nationale de développement, fondée sur l’exploitation rationnelle des potentialités locales. Il illustre comment une initiative locale bien pensée peut devenir un moteur de développement communautaire, renforçant l’emploi, les revenus et l’autonomie financière à la base.
Amédée Habimana
