La détection adaptée pour sauver des vies
Face à la progression du cancer du sein, le diagnostic précoce demeure l’unique rempart pour inverser la tendance. Lors d’un entretien accordé au quotidien « Le Renouveau du Burundi », le vendredi 13 mars 2026, Dr Elie Nkunzimana, gynécologue-obstétricien à l’hôpital Van Norman, détaille les protocoles de surveillance indispensable et stratégies de détection adaptées pour sauver des vies.

Le cancer du sein n’est pas une fatalité, mais une course contre la montre. Techniquement, cette pathologie se définit comme une prolifération maligne de cellules au sein de la glande mammaire. Dr Elie Nkunzimana précise que les formes les plus courantes prennent naissance dans les canaux galactophores (carcinome canalaire) ou les lobules (carcinome lobulaire). Il souligne une nuance capitale pour le pronostic : si le carcinome in situ reste non invasif, la forme « infiltrante » menace l’organisme par sa capacité à envahir les tissus voisins.
Un protocole de détection à trois piliers
Pour contrer cette progression, Dr Nkunzimana préconise une vigilance structurée. Tout commence par l’auto-examen mensuel. « Il doit être réalisé idéalement quelques jours après la fin des règles, moment où les variations hormonales ne faussent plus la texture du sein. » Il insiste sur la traque de signes suspects : masse inhabituelle, rétraction de la peau ou écoulement mammaire anormal, souvent sanguin.
Cependant, cette vigilance personnelle a ses limites. Ce gynécologue martèle que l’auto-examen ne remplace en rien l’expertise médicale et préconise un examen clinique annuel réalisé par un professionnel. En complément, la mammographie s’impose comme la méthode de référence. Pour les patientes plus jeunes au tissu mammaire dense, il recommande l’échographie, tandis que l’IRM (Imagerie par résonance magnétique) est réservée aux profils présentant des mutations génétiques héréditaires comme BRCA1 ou BRCA2 (Breast Cancer genes1)
Un calendrier de suivi adapté aux risques
La stratégie de dépistage doit être personnalisée en fonction de l’âge et des facteurs de risque tels que l’obésité ou la nulliparité. Adaptant ses conseils à la réalité du Burundi, le médecin Nkunzimana suggère une mammographie tous les cinq ans dès 40 ans pour les femmes à risque moyen, et un passage à une cadence biennale entre 50 et 74 ans, conformément aux standards internationaux.
Dr Elie Nkunzimana alerte toutefois sur les profils à « haut risque », notamment les femmes ayant des antécédents familiaux directs (mère ou sœur). Pour ces patientes, il préconise une surveillance annuelle stricte, qui peut débuter dès l’âge de 30 ans. Dr Nkunzimana conclut en exhortant chaque femme à intégrer une consultation clinique systématique dès la quarantaine : la vigilance reste le principal allié face à la maladie.
Jean Marie Ndayisenga
