Les avis des agriculteurs de la zone Kivyuka, commune Bubanza province de Bujumbura, sont partagés pour ce qui est des résultats de cette saison culturale A. Si l’état des champs de maïs est jugé satisfaisant, la culture du haricot est gravement compromise. Des insectes non identifiées s’attaquent aux plantes, entraînant un plissement progressif des feuilles, un fléau aggravé par le retard de la pluie et des engrais.

Les agriculteurs de Kivyuka expriment leur satisfaction concernant l’évolution de leurs champs de maïs. Cependant, leur optimisme est vivement tempéré par le sort des champs d’haricots. Ces dernières sont affectées par la présence d’insectes qui se fixent sur les feuilles. Ce phénomène est préoccupant car, comme ils le rapportent, les feuilles des haricots commencent à se plier petit à petit sous l’effet de ces ravageurs, s’ajoutant aux conséquences du manque de pluie et du retard de livraison des engrais organo- minéraux.
Interrogé sur la colline Gatare, Pierre Ntigacika affirme : « Cette saison, la production des haricots sera faible, car les feuilles ont été attaquées par des insectes non identifiables. » Malgré cette prévision sombre pour le haricot, il espère récolter une bonne production de maïs. Poursuivant ses explications, M. Ntigacika ajoute que les problèmes sont multifactoriels : «L’engrais est en retard, la pluie aussi est venue en retard, il y avait une sécheresse accablante».
De son côté, Cyprien Ntakarutimana, habitant de la colline Busiga de la même zone, abonde dans la même idée : « Les champs des haricots ne sont pas en bon état, ce qui va donner une mauvaise récolte. » Il reconnaît l’incertitude face à ce nouveau type de dégât : « On ne sait pas comment ces insectes ont attaqué nos champs» Néanmoins, il témoigne un optimisme pour l’autre grande culture: «Pour les champs de maïs, nous espérons avoir une bonne récolte ».
Enfin, Stanislas Ndayishimiye, habitant de la colline Gashinge de la même zone, soutient également que la production de haricots pour cette saison ne sera pas bonne car « une maladie qui a attaqué les champs de haricots n’a pas été identifiée », faisant référence à l’effet de plissement. Il évoque également les facteurs logistiques et chimiques : le manque et le retard des engrais chimiques « tous comme causes de ces conséquences désastreuses ».
Face à la menace qui pèse sur le haricot, un aliment de base, les agriculteurs de Kivyuka appellent instamment les autorités agronomiques, à intervenir pour identifier la cause exacte (insecte ou maladie) du plissement des feuilles, afin de préserver les récoltes futures.
Jean Marie Ndayisenga
