
Sous l’égide de Daniel Gélase Ndabirabe, président de l’Assemblée nationale du Burundi, les députés, réunis en séance plénière le mercredi 14 octobre 2026, à l’hémicycle de Kigobe, ont adopté le projet de calendrier des activités parlementaires pour la période du 12 au 26 octobre 2026. Ils ont également suivi le rapport de mission présenté par le député Rédempteur Gahitira sur les travaux de la 18e conférence annuelle de la SADCOPC et de sa 22e assemblée générale réunissant plusieurs parlementaires, tenues à Mbabane, en Eswatini, du 11 au 18 septembre 2026 dont l’objectif était de mieux prévenir les risques pouvant compromettre la viabilité budgétaire et la stabilité des finances publiques.
Présentant le rapport de mission effectuée en Eswatini, M. Gahitira a indiqué qu’elle s’inscrivait dans le cadre du renforcement de la coopération parlementaire, du partage d’expériences et de l’échange de bonnes pratiques en matière de gouvernance des finances publiques et de contrôle parlementaire. Elle a porté sur la 18e conférence annuelle de la SADCOPC (Southern African development Community Organisation of public accounts committees), ou (Organisation des commissions des comptes publics de la communauté de développement de l’Afrique australe) et la 22e assemblée générale des parlementaires et cadres des assemblées nationales africaines.
Le contrôle parlementaire des finances publiques au cœur des échanges de la SADCOPC
M. Gahitira a indiqué que cette mission s’inscrivait dans un cadre d’échanges et de réflexion sur plusieurs questions liées à la gestion transparente et responsable des ressources publiques. Les participants ont notamment examiné les mécanismes de contrôle parlementaire, la reddition des comptes ainsi que les moyens de prévenir les détournements de fonds publics et de récupérer les ressources détournées ou faisant l’objet de flux financiers illicites
Les discussions ont également porté sur la problématique de la dette cachée et sur les mécanismes susceptibles de renforcer les capacités des commissions des comptes publics, des institutions supérieures de contrôle et des organismes d’enquête. L’objectif est de mieux prévenir les risques pouvant compromettre la viabilité budgétaire et la stabilité des finances publiques.
Par ailleurs, les participants ont accordé une attention particulière aux enjeux liés aux cryptomonnaies et à la transformation numérique du secteur financier. Les échanges ont notamment concerné l’utilisation des cryptomonnaies, les plateformes d’actifs virtuels, la monnaie mobile et d’autres instruments financiers numériques.
M. Gahitira a toutefois souligné que les participants ont fait remarquer que l’évolution de ces technologies pose de nouveaux défis aux institutions chargées du contrôle, de l’audit, des enquêtes et de la lutte contre la corruption en précisant la nécessité pour ces institutions d’adapter leurs méthodes de travail et de renforcer leurs capacités institutionnelles afin de faire face aux risques liés à ce nouvel environnement financier. Parmi les recommandations issues de ces deux réunions, M. Gahitira a fait savoir les participants ont proposé un renforcement des capacités techniques et financières des commissions des comptes publics, des institutions supérieures de contrôle , des cellules de renseignement financier, des administrations fiscales et des organismes d’enquêtes en matière d’analyse de blockchain, de criminalité numérique, d’analyse de données et d’enquêtés financières facilitées par la cybertechnologie.
Les députes burundais ont ainsi fait remarquer que le Burundi n’est pas encore prêt à utiliser les cryptomonnaies en raison de l’absence de réglementation légale.
Ferdinand Hakizimana
