Le jeudi 5 novembre 2026, à Bujumbura, le ministère de l’Energie, des mines, de l’industrie, du commerce et du tourisme a organisé, en partenariat avec l’ARE (Alliance pour l’électrification renouvelable), la 5e édition de la Journée sur l’accès à l’énergie renouvelable au Burundi.

«L’énergie ne doit plus être considérée comme un simple moyen d’éclairage des ménages, mais comme le levier central du développement, de l’industrialisation, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie». C’est le message fort martelé par le ministre de l’Energie, des mines, de l’industrie, du commerce et du tourisme, Hassan Kibeya, lors de l’ouverture de cette 5e édition. Il a appelé les partenaires au développement, les investisseurs, les institutions financières et le secteur privé à renforcer leur engagement en faveur de l’accès universel à l’énergie
Des investissements structurants et une mobilisation du secteur privé
Erik Magnus Fernstrom, directeur régional de pôle au Groupe de la Banque mondiale, a félicité le gouvernement burundais pour son engagement et a souligné que le développement énergétique est la condition préalable à la création d’emplois décents. Il a rappelé que l’initiative « Mission 300 », portée avec la BAD (Banque africaine de développement), a déjà permis de raccorder 72 millions de personnes sur le continent depuis le Sommet de Dar es-Salaam.
Pour le Burundi, dont le pacte énergétique évalue les besoins d’investissement à 3 milliards de dollars d’ici 2030, des avancées concrètes ont été enregistrées à savoir la mise en service de la centrale hydroélectrique de Gitega-Mulembwe (qui a augmenté la capacité installée de 25 %), le lancement du projet Ascend Burundi pour le réseau moyenne tension, le partenariat public-privé avec West Power, ainsi que la participation au projet régional de Rusumo et le déploiement de la cuisson propre.
Alain Ndikumana quant à lui, ministre des Finances, du budget et de l’économie numérique, a fait savoir que l’échéance de 2026, c’est dans moins de 4 ans, alors que la barre a été placée très haut. Il a rappelé qu’avec un taux d’électrification actuel d’environ 25 % pour une cible de 70 % d’ici 4 ans et une part de puissance propre de 0,2 % devant passer à 40 % d’ici 2030, la mobilisation de tous les acteurs est indispensable. Il a souligné le cas concret de la saison sèche, où la baisse des eaux réduit la production électrique et pénalise les artisans qui transportent leurs commandes ou les commerçants perdant leurs stocks faute de conservation.
Jean Marie Ndayisenga
