
Lors d’une séance plénière dirigée par le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, le ministre de l’Intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique Léonidas Ndaruzaniye était l’invité; le jeudi 29 octobre 2026; au palais des congrès de Gitega pour répondre aux préoccupations des sénateurs. Ces dernières concernaient les secteurs d’intervention dudit ministère.
Une des préoccupations des sénateurs concernait l’opérationnalisation des services déconcentrés au niveau communal où les chefs des départements semblent être sous contrôle des ministères de tutelle au lieu de collaborer avec leurs chefs directs, soit les administrateurs communaux. A cet effet, le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca a rappelé que c’est le ministère en charge de l’intérieur qui est chargé de suivre leur opérationnalisation.
Les ministères de tutelle de ces services doivent leur permettre de travailler sereinement. Il a précisé que certains cadres des ministères s’opposent à cette politique de décentralisation des services jusqu’au niveau communal. « La mise en œuvre effective de cette politique nécessite des efforts de la part du ministère en charge de l’intérieur, afin de garantir le respect des lois et l’autonomie des communes». Selon lui, sans communes autonomes et administration réellement rapprochée de la population, il sera difficile d’atteindre les objectifs de la Vision Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.
Le président du Sénat a également dénoncé le fait que des fonds sont directement transférés aux départements présents dans les communes sans que les administrateurs communaux en soient informés. Il a estimé que cette pratique constitue une lacune, étant donné que les administrateurs communaux sont chargés de suivre et de contrôler les activités de ces services dans leurs communes respectives.
La sécurité routière, une préoccupation partagée
Les sénateurs ont également exprimé leurs inquiétudes face à la multiplication d’accidents de la route, qui coûtent la vie à de nombreux citoyens. Ils ont notamment évoqué la surcharge des véhicules, les excès de vitesse et l’état d’ivresse au volant, avant de s’interroger sur le fonctionnement des dispositifs de contrôle de la circulation routière.
Face à ce problème, le ministre Ndaruzaniye a reconnu que la recrudescence d’accidents constitue également une préoccupation pour lui. Il a expliqué que les équipements de contrôle, notamment les radars et les caméras, sont devenus obsolètes et nécessitent d’être renvoyés dans les usines d’origine pour être révisés et remis en état.
Il a précisé que les fonds nécessaires à leur réhabilitation ne relèvent pas directement du budget de son ministère, mais doivent provenir du trésor public, comme c’est le cas pour d’autres secteurs. Il a indiqué que, si les moyens financiers sont disponibles, ces équipements pourront être remis en service, de même que les feux de signalisation.
Cette réponse n’a pas, toutefois, satisfait le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca qui a estimé qu’au lieu d’obsolescence des radars, il serait question de fin de licence pour objets. Il a ainsi demandé au ministre Ndaruzaniye de travailler avec ses conseillers, afin d’identifier précisément les problèmes rencontrés par ces équipements et de prendre les mesures nécessaires pour les remettre en état de fonctionnement.
Les retards dans les guichets uniques dénoncés
Les sénateurs ont, par ailleurs, soulevé la question du fonctionnement effectif des guichets uniques. Pour cela, des citoyens se plaignent de longs délais d’attente pour obtenir les documents demandés, surtout de voyage, alors qu’ils ont déjà payé les frais requis.
Le ministre de tutelle a expliqué que le manque de véhicules dans certains guichets uniques complique le transport des documents traités à Bujumbura. Il a également évoqué l’insuffisance des livrets au sein du CGM (Commissariat général des migrations), qui contribue aux retards dans la délivrance des documents de voyage.
Ces explications n’ont pas convaincu les sénateurs. A cet effet, le président du Sénat a estimé que le manque de véhicules ne devrait pas justifier ces retards, les services concernés pouvant recourir aux véhicules d’autres services publics. Il a également demandé au CGM de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les citoyens obtiennent leurs documents dans les délais prévus. Selon lui, faire attendre longtemps des citoyens qui ont déjà payé les frais exigés risque d’éroder leur confiance envers l’Etat.
Eric Sabumukama
