L’administration de la commune Bubanza, une des communes de la province de Bujumbura affirme veiller à la couverture sociale de ses employés et sensibiliser les travailleurs encore non affiliés, notamment dans le secteur privé. Toutefois, l’accès à cette protection sociale reste confronté à plusieurs obstacles, dont l’enclavement de certaines localités, le manque d’informations et les difficultés de sensibilisation. Dans une interview exclusive, Emmanuel Ndikuriyo, chef du service de l’administration et des ressources humaines dans cette commune, revient sur les efforts engagés, les défis persistants et moyens d’étendre la couverture sociale aux travailleurs du secteur informel et rural.

Le Renouveau du Burundi (L.R) : Quel est l’état des lieux de la couverture sociale dans votre commune ?
Emmanuel Ndikuriyo (E. Ndikuriyo) : La couverture sociale est globalement bien appliquée dans notre commune, même si certaines irrégularités persistent pour diverses raisons. Les travailleurs du secteur public bénéficient d’une protection sociale. Il en est de même pour ceux des secteurs privés, dans la mesure où ils respectent les règles et normes en vigueur et disposent de moyens nécessaires pour cotiser.
L.R : Que fait la commune pour contribuer à l’extension de la couverture sociale ?
E. Ndikuriyo : Malgré la diversité de ses activités, la commune s’efforce d’assurer la couverture sociale de ses employés dans les délais requis. Elle veille également à l’équité entre les travailleurs, en tenant compte des salaires perçus par chacun. Les employés sont ainsi déclarés auprès de l’INSS (Institut national de sécurité sociale) et de la MFP (Mutuelle de la fonction publique), selon leur statut. La commune mène aussi des actions de sensibilisation et s’emploie à identifier les travailleurs qui ne sont pas encore affiliés, notamment ceux du secteur privé.
L.R : Comment la commune assure-t-elle le suivi des cotisations sociales ?
E. Ndikuriyo : La commune doit effectuer des vérifications chaque fois que cela est nécessaire afin de détecter les irrégularités et suivre les changements susceptibles d’affecter la couverture sociale des travailleurs. Ce suivi est particulièrement important pour garantir la régularité des versements à l’INSS et à la Mutuelle de la fonction publique. En cas d’interruption des cotisations, liée à des difficultés particulières ou erreurs administratives, il est nécessaire d’en rechercher les causes et de prendre les mesures appropriées pour rétablir la situation.
L.R : Quels sont les principaux obstacles d’accès à la protection sociale pour les travailleurs des secteurs informel et rural ?
E. Ndikuriyo : Plusieurs difficultés entravent l’accès à la protection sociale. D’abord, l’enclavement de certaines localités rend les déplacements difficiles et complique les activités de sensibilisation, notamment lorsque les voies de communication sont impraticables. Le manque d’instructions de certains travailleurs et employeurs constitue également un obstacle. A cela s’ajoutent les difficultés liées à la sensibilisation, qui empêchent une partie de la population de mieux comprendre l’importance de la protection sociale.
L.R : Face à ces moult défis, quelles solutions envisagez-vous ?
E. Ndikuriyo : Pour surmonter ces difficultés, la commune doit mobiliser les travailleurs des secteurs privé et informel afin qu’ils connaissent leurs droits et réclament leur affiliation auprès des institutions chargées de leur protection sociale. Elle doit également effectuer des descentes sur le terrain pour vérifier l’application des règles et directives en vigueur. Enfin, des enquêtes et d’autres démarches de collecte d’informations sont nécessaires pour mieux comprendre les réalités locales et déterminer les actions les plus adaptées.
L.R : Quels résultats avez-vous déjà obtenus et disposez-vous de statistiques sur les travailleurs sensibilisés ou affiliés ?
E. Ndikuriyo : Pour le moment, nous ne disposons pas encore de résultats concrets permettant de mesurer les progrès réalisés en matière d’extension de la couverture sociale. Les statistiques concernant le nombre de travailleurs sensibilisés, de personnes affiliées ou d’employeurs accompagnés ne sont pas encore disponibles. Nous prévoyons toutefois de nous pencher prochainement sur cette question afin de disposer de données permettant de mieux apprécier les actions menées et les résultats obtenus.
Propos recueillis par Moïse Nkurunziza
