Au-delà de la recherche du profit, certains jeunes entrepreneurs font de leurs initiatives un véritable levier de développement pour leur communauté. Par son engagement, son esprit d’initiative et sa volonté de créer des opportunités, Josué Aristide Nkezabahizi, jeune entrepreneur originaire de la zone de Buhiga, commune de Karusi, dans la province de Gitega, contribue à la dynamique socio-économique de son entourage. Son parcours illustre le rôle que les jeunes peuvent jouer dans le développement de leur milieu et, surtout, dans la mise en œuvre de l’objectif 3 de la Vision 2040-2060, qui évoque le développement d’une agriculture créatrice de richesse et garante de la sécurité alimentaire.

Né en 1998 dans une famille de sept enfants, Josué Aristide Nkezabahizi en est le cinquième. Il vit actuellement dans sa zone natale de Buhiga, commune de Karusi, dans l’actuelle province de Gitega. Les habitants de cette colline décrivent ce jeune entrepreneur comme un modèle d’engagement dans le développement socio-économique de son entourage.
Josué Aristide Nkezabahizi se distingue par un style vestimentaire décontracté et original. Sa coiffure, composée d’un chignon volumineux, arrondi et soigneusement rassemblé au sommet de la tête, rappelle celle qu’a popularisée le célèbre footballeur David Beckham à certaines périodes de sa carrière. Derrière ses lunettes à monture transparente, son regard sérieux contraste avec une posture naturelle et détendue. Par son allure moderne et son style personnel, Josué Aristide Nkezabahizi ne passe pas inaperçu. Il élève près de 400 porcs de race améliorée et cultive plus de 2,5 hectares de maïs, de soja et d’autres cultures vivrières.
Lauréat de la section scientifique de l’enseignement secondaire, M. Nkezabahizi n’a pas fréquenté l’université, bien qu’il ait réussi à l’examen d’État. La seule raison qu’il avance est la précarité des conditions de vie de sa famille. « J’ai choisi de me lancer dans l’entrepreneuriat pour aider mes deux petits frères à poursuivre leurs études », précise-t-il.
Un parcours entrepreneurial parfois semé d’embûches
Selon son témoignage, M. Nkezabahizi a commencé son parcours entrepreneurial avec seulement trois porcs, qu’il partageait avec un ami. « porcellets ont eu des petits, jusqu’à ce que nous en ayons plus de cinquante », se rappelle-t-il. Toutefois, comme la vie est faite de hauts et de bas, le jeune entrepreneur affirme que son parcours n’a pas toujours été facile. « Ces 50 porcs ont été attaqués par une maladie contagieuse et sont morts, au point qu’il ne nous reste qu’une seule truie».
M. Nkezabahizi affirme avoir trouvé le courage de poursuivre grâce à son ami, qui lui a conseillé de ne pas jeter l’éponge, mais surtout de toujours espérer un lendemain meilleur en tirant des leçons des difficultés rencontrées. « Cette truie a ensuite mis bas 18 porcelets d’un coup, à tel point qu’il m’a fallu passer deux semaines sans dormir. Pour qu’ils soient allaités, je devais organiser des rotations».
Actuellement, beaucoup de ces porcs pèsent environ 500 kilogrammes chacun. « Quand je vends 30 de mes porcs à Bujumbura, je gagne plus de 50 millions de francs burundais d’un seul coup». En plus de l’élevage porcin, il élève également des vaches de races Sahiwal et frisonne. Sa ferme compte sept vaches laitières.
Le développement socio-économique des ménages salué
Les habitants de Buhiga, dans la commune de Karusi, saluent la contribution positive de Josué Nkezabahizi au développement socio-économique des ménages. M. Nkezabahizi affirme, lui aussi, que le développement de ses activités va de pair avec celui de son entourage. Il emploie 13 travailleurs rémunérés mensuellement et 50 journaliers, qui touchent chacun 6 000 francs burundais pendant la saison culturale. « Nous travaillons dans un esprit gagnant-gagnant. Chaque travailleur a reçu une truie de race améliorée. En payant les impôts et les taxes, je contribue à l’augmentation de l’assiette fiscale de ma commune».
Providence Nizigama, habitant la sous-colline Gitanga, témoigne que, grâce aux activités de M. Nkezabahizi, ses employés sont capables de subvenir aux besoins de leurs familles. « Cet entrepreneur a servi de leçon à la population en montrant qu’il est possible de pratiquer un élevage moderne et rentable». Un autre habitant affirme que, grâce à ce jeune entrepreneur, la population a décidé d’élever au moins un porcelet de race améliorée.
Interrogé à ce sujet, Thaddée Nteziryayo, vétérinaire de la colline de Gitega, indique que cette ferme contribue largement à sensibiliser les agri-éleveurs. « Le nombre de porcs est en forte augmentation. Actuellement, nous comptons plus de 600 porcs de race améliorée élevés par des particuliers sur toute la colline Gitanga », souligne-t-il.
Un stimulant à la réussite scolaire
Les habitants de la colline Gitanga saluent également l’initiative de ce jeune entrepreneur en faveur de la réussite scolaire. M. Nkezabahizi a offert neuf porcelets femelles à neuf élèves arrivés en première position à l’École fondamentale de Gitanga. Abel Nzobonayo, l’un des parents, ne cache pas sa satisfaction. « Cette initiative permet aux enfants de cette localité de se concentrer sur leurs études et d’apprendre avec courage, vision et détermination, dans un esprit de saine compétition».
Les habitants de cette localité s’accordent à dire que M. Nkezabahizi est devenu un modèle pour le développement de leur communauté. « Ceux qui ont besoin de fumier peuvent en obtenir facilement. Ceux qui souhaitent avoir des porcelets, même sans argent, peuvent négocier avec lui pour convenir sur des modalités de paiement. D’autres viennent le voir pour demander des conseils».
Moïse Nkurunziza
