
Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, le journal « Umuzi News » en collaboration avec la Maison de la presse du Burundi a organisé, le mercredi 14 octobre 2026, à Bujumbura, une séance de présentation des contenus médiatiques consacrés à la santé mentale des enfants et des adolescents au Burundi.
Lors de son intervention , Jean de Dieu Ndikumasabo, directeur a.i du journal Umuzi News a qualifié cette séance de rencontre qui célèbre un engagement collectif des journalistes qui ont choisi de mettre leurs compétences au service de sujets qui touchent profondément la vie des personnes, des familles et de la société burundaise.
« Dans cette démarche, nous avons privilégié une approche centrée sur l’individu. Cette approche consiste à partir des expériences vécues, à écouter les personnes directement concernées et à raconter leurs récits avec sensibilité, sans renoncer à la rigueur journalistique car la santé mentale ne se résume pas à des statistiques ou à des données médicales».
M. Ndikumasabo a également reconnu que derrière chaque témoignage, il y a une vie, une dignité, une réalité qui mérite d’être entendue. «Donner une place à ces voix ne signifie pas se limiter à raconter des récits individuels. C’est précisément là que le journalisme joue pleinement son rôle : informer sans stigmatiser, questionner sans condamner à l’avance et sensibiliser sans dramatiser», a-t-il souligné. Il a enfin a réaffirmé la ferme volonté de faire du journalisme un outil de compréhension, de dialogue et de responsabilité sociale.
Une thématique qui reste encore insuffisamment exploitée par les journalistes
Au nom des responsables de médias,Prosper Ngabirano, directeur de la Radio nationale a été très clair. « Cette séance de présentation de production réalisée par nos journalistes formés témoigne déjà de l’importance de cette initiative et des acquis qu’elle a permis de développer. Nous nous rejouissons en tant que responsables de médias de constater que nos journalistes s’intéressent davantage à cette thématique qui, il faut l’avouer, reste encore insuffisamment exploitée par nos services».
M. Ngabirano a encouragé les journalistes et les bénéficiaires de la formation à mettre en pratique les connaissances acquises et à poursuivre les efforts pour proposer des contenus professionnels, pertinents et accessibles à tous. « Les productions que nous ont proposées nous ont plongés dans la réalité qui n’est pas connue par la communauté,» a-t-il dit. Il a plaidé pour une formation d’autres journalistes dans des thématiques qui ne sont pas du tout exploitées par les services rédactionnels.
Dépasser les stéréotypes liés aux maladies mentaux
Rose Mpekerimana, une journaliste parmi les huit qui ont exposé le contenu de leurs productions a lancé un appel à dépasser les stéréotypes liés aux maladies mentales. « Les maladies mentales ou troubles mentaux sont des problèmes de santé qui touchent notre façon de penser, de ressentir et de nous comporter »a-t-elle expliqué.
« Ce n’est pas de la folie, ni de la faiblesse. C’est une maladie comme le paludisme ou le diabète, mais qui touche le cerveau. Il faut ajouter qu’une maladie mentale se soigne », a-rappelé Mme Mpekerimana en faisant référence au contenu de son article. Toutefois, a-t-elle regretté, la société burundaise garde la tendance à rejeter les victimes des maladies mentales. « Même la famille biologique de la victime tente de s’éloigner du sien, au lieu de l’envoyer dans des centres spécialisés pour les traiter », a-t-elle signalé. Certains intervenants ont évoqué certains défis auxquels ils se sont heurtés dans le traitement des informations sur les maladies mentales, notamment le manque des données fiables et disponibles dans les centres de traitement neuropsychiatrique.
Moïse Nkurunziza
